Soupçons de financement libyen de la campagne de Sarkozy en 2007 : Claude Guéant mis en examen

L\'ancien ministre de l\'Intérieur Claude Guéant, le 8 juillet 2013 au siège de l\'UMP à Paris.
L'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant, le 8 juillet 2013 au siège de l'UMP à Paris. (MARTIN BUREAU / AFP)

L'ex-ministre de l'Intérieur a été mis en examen pour "faux" et "blanchiment".

L'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant a été mis en examen pour "faux" et "blanchiment" samedi 7 mars, dans l'enquête portant sur ses tableaux flamands et sur les soupçons de financement par la Libye de Kadhafi de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

"On lui reproche, non pas des faits de corruption liés à ce soi-disant financement libyen de la campagne présidentielle, mais simplement on lui demande de s'expliquer davantage sur la vente des fameux deux tableaux qu'il a acquis il y a près de 22 ans", a annoncé son avocat. Selon Philippe Bouchez el-Ghozi, Claude Guéant a "affirmé son innocence avec force et vigueur".

Un virement de 500 000 euros qui interpelle

Vendredi, Claude Guéant avait été placé en garde à vue et interrogé par la police judiciaire. Les enquêteurs s'intéressent à une somme de plus de 500 000 euros versée, depuis l'étranger, sur son compte en mars 2008. L'ancien ministre de l'Intérieur, qui fut aussi pendant dix ans le bras droit de Nicolas Sarkozy, avait justifié cette somme par la vente de deux tableaux du peintre hollandais Andries van Eertvelt à un avocat. Les enquêteurs se demandent si le cabinet d'avocats n'est pas une simple "boîte à lettres" dans la transaction et si cette vente de tableaux ne cache pas des mouvements de fonds suspects.

Avec cet argent, Claude Guéant s'est acheté un appartement de 90 m2 dans le 16e arrondissement à Paris, d'une valeur de 717 500 euros, rappelle L'Express. Les enquêteurs avaient mis la main sur ce virement de 500 000 euros lors d'une perquisition dans le cadre de l'enquête sur le présumé financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Par ailleurs, la somme de 500 000 euros interpell, car "c'est une anomalie par rapport aux prix du marché".