Soupçons d'abus sexuels autour du "psy de l'Eglise"

(Un homme accuse un psychothérapeute de l'Eglise de lui avoir fait subir des attouchements jusqu'en 2011 © MaxPPP)

L'Eglise de France face à de nouveaux soupçons de scandale sexuel. Un haut dignitaire est accusé d'attouchements sexuels dans le cadre de séances de psychothérapie.

Alors que l'affaire de pédophilie autour du père Preynat secoue le diocèse de Lyon, c'est au tour d'un haut dignitaire de se retrouver accusé. Un homme d'une quarantaine d'années accuse en effet Monseigneur Tony Anatrella, influent conseiller à la famille au Vatican, de lui avoir fait subir des attouchements jusqu'en 2011, alors qu'il le recevait dans le cadre d'une thérapie dans son cabinet parisien : "Il s'agissait de thérapie dite corporelle, donc au-delà des principes même de la psychanalyse où il n'y a pas de toucher corporel. Et cette personne a souffert de ces années de pratique sous emprise et envisage de porter plainte et faire un appel à témoins ", explique Bertrand Virieux, co-fondateur de l'association La parole libérée, qui vient en aide aux victimes d'actes pédophiles au sein de l'Eglise.

Des dénonciations sans suite

Tony Anatrella est en effet psychothérapeute en parallèle de ses activités d'homme d'Eglise. Auteur de livres sur l'adolescence et sur l'homosexualité, il influence la doctrine de l'Eglise dans le sens de l'intransigeance à l'égard de l'homosexualité. Mais il a lui-même fait l'objet de dénonciations pour abus sexuels, à chaque fois sans suite. En 2006, il a même fait l'objet d'une plainte d'un de ses ex-patients. Elle a vite été classée pour manque d'éléments probants.

Ce nouveau témoignage porte sur une période plus récente. Deux autres victimes présumées se sont manifestées. Le diocèse de Paris a été mis au courant de ces nouveaux témoignages. Mais il assure ne rien pouvoir faire car ces témoignages restent anonymes : "Il est nécessaire que les gens saisissent la Justice et sortent de l'anonymat. Si les victimes viennent au diocèse, elles seront reçues", assure Karine Dalle, directrice de la communication du diocèse de Paris. A cette condition, ajoute-t-elle, l'Eglise ouvrira éventuellement une procédure interne.

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