Sécher : sept ans de prison pour rien et une indemnité de 797 352 euros

Loïc Sécher, en 2011.
Loïc Sécher, en 2011. (ALAIN JOCARD / AFP)

Loïc Sécher, accusé à tort d'avoir violé une adolescente, avait été condamné à seize ans de prison en 2003. 

JUSTICE - Combien valent sept années et trois mois derrière les barreaux pour une erreur judiciaire ? La cour d'appel de Rennes a répondu, mardi 25 septembre. Elle a fixé à 797 352 euros le montant des indemnités versées à Loïc Sécher, accusé à tort d'avoir violé une adolescente.

Loïc Sécher est le septième homme acquitté en révision en France depuis 1945.  Il a été condamné en 2003 à seize ans de réclusion pour des viols et des agressions sexuelles dont l'avait accusé Emilie, une adolescente de 14 ans, qui s'est rétractée en 2008. Loïc Sécher, lui, a toujours clamé son innocence et n'est jamais passé d'aveux. Il a vu sa condamnation annulée en 2010 et a été libéré en avril 2010. Originaire de Loire-Atlantique, l'homme de 51 ans vit désormais dans le Finistère avec, pour tout revenu, le RSA, soit 417 euros par mois.

Les préjudices matériel et moral compensés

La cour d'appel de Rennes a reconnu les préjudices matériel et moral subis par Loïc Sécher. Elle a compensé le premier à hauteur de 197 352,32 euros et a établi le second à 600 000 euros. 

La mère de Loïc Sécher a obtenu, mardi, 50 000 euros de préjudice moral et ses deux frères et sa sœur, 30 000 euros chacun. En revanche, la demande de la famille d'une indemnisation pour le père de Loïc Sécher, mort lors du séjour en prison de son fils, a été jugée irrecevable. 

Des indemnités loin de celles réclamées

Les compensations versées par la justice sont plus de trois fois inférieures à celles réclamées par la défense de Loïc Sécher. Lors de l'audience du 6 juillet devant la cour d'appel de Rennes, son avocate, Alice Cohen-Sabban, du cabinet Dupond-Moretti, avait réclamé 2,4 millions d'euros. En raison de contraintes judiciaires, "M. Sécher n'a pu être aux côtés de son père, mort de chagrin le 31 mars 2011", avait notamment plaidé Me Cohen-Sabban. 

Les indemnités sont en revanche très proches de celles préconisées par le défenseur de l'agent judiciaire du Trésor. Me Philippe Billaud n'avait en effet proposé qu'une indemnisation totale de l'ordre de 600 000 euros.

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