Sarkozy : les réjouissances discrètes d'une partie de l'UMP

(Nicolas Sarkozy alors président en 2010, entouré de François Fillon, Premier ministre et d'Alain Juppé, ministre de la Défense. © FRANCOIS LAFITE/WOSTOK PRESS/MAXPPP)

Placé en garde à vue, mis en examen dans l'affaire des écoutes, Nicolas Sarkozy a connu cette semaine ses plus graves démêlés avec la Justice. A l'UMP, tout le monde ne sort pas les mouchoirs. Certains partisans de François Fillon ou d'Alain Juppé se réjouissent, mais en toute discrétion.

Officiellement, pas question de tirer sur l'ambulance, pas question non plus d'affaiblir une UMP sous perfusion. Fillonistes et juppéistes défendent donc à l'unisson Nicolas Sarkozy, par la voix de Jérôme Chartier : "Est-ce que ça fait de lui un coupable ? Non. Je ne le crois pas coupable de quoique ce soit. Et je pense que la suite de l'enquête le dira ". Benoist Apparu pour sa part, s'insurge du traitement réservé à l'ancien chef de l'Etat : "On est en train d'installer en France un truc fantastique qui s'appelle la présomption de culpabilité. On dit : "son retour politique est de plus en plus compromis". Alors que pour l'instant, jusqu'à preuve du contraire, toutes les décisions judiciaires ont donné des non-lieux pour Nicolas Sarkozy. "

"Un avant et un après garde à vue "

Jamais condamné mais souvent cité, les militants commencent à en avoir assez, reconnaît Philippe Gosselin. Le député de la Manche envisage de soutenir Alain Juppé : "C'est vrai qu'on a un environnement qui crée un doute chez certains. Je vois bien un certain nombre de gens de chez nous qui, honnêtement, commencent à douter un petit peu. Pour moi, il y a un avant et un après garde à vue. "

"Ca fait les affaires de François Fillon "

Un poison du doute au goût de miel politique pour les concurrents de Nicolas Sarkozy. Hors micro, les langues se délient. "Bien-sûr que ça fait les affaires de François Fillon ", sourit l'un de ses partisans. "Il incarne une forme de rigueur morale ", abonde un autre. L'ancien Premier ministre, tout aussi silencieux qu'Alain Juppé ce mardi. Mais qui a récemment confié en privé : "Jamais Nicolas Sarkozy ne pourra revenir. A cause des affaires. "