Quinze ans de prison pour les deux incendiaires du foyer Adoma

(Philippe Bruchot Maxppp)

Les deux cousins jugés responsables de l'incendie d'un foyer Adoma à Dijon, dans lequel sept hommes ont perdu la vie en 2010, ont été condamnés mercredi à quinze ans de réclusion criminelle.

La Cour d'assises de Côte-d'Or a condamné mercredi soir Rémi Kukulinski,
22 ans, et Nicolas Dos Reis, 21 ans, à 15 ans de réclusion criminelle, assortie
d'une période de sûreté des deux tiers.  

Les
deux cousins ont été jugés coupables d'avoir allumé un feu de poubelles près du
foyer Adoma, à Dijon, le 14 novembre 2010
. L'incendie de ce foyer, où résidaient 190
personnes, essentiellement des travailleurs immigrés et réfugiés politiques,
avait fait sept morts, des hommes âgés de 55 à 81 ans, et 70 blessés.

Pleinement responsables selon l'accusation, en partie seulement pour la défense

L'avocat général avait requis 20 ans de prison à l'encontre
de chacun des accusés. Le tribunal a allégé la peine. Mais pour Maître Alexis Lanier,
l'avocat de Nicolas Dos Reis, la sentence reste disproportionnée, la Cour n'ayant
pas suffisamment pris en considération selon lui "les différents
paramètres qui ont expliqué la propagation du feu
" et dont les deux
cousins "ne sont pas responsables ", estime-t-il, évoquant notamment la proximité du local à poubelles avec le
bâtiment, le vent et "l'isolant hautement inflammable " de la façade.

Pour
Maître Bruno Nicolle, l'avocat de plusieurs parties civiles, la sévérité du
jugement est au contraire "à la hauteur de la responsabilité " des
accusés, déjà connus avant ce drame pour des feux de
poubelles en Côte-d'Or en 2009.

"C'était juste histoire de faire les cons" (Rémi Kukulinski)

Les accusés ont pour leur part reconnu "une part de responsabilité ", tout en se rejetant la faute du déclenchement du feu. "C'était juste histoire de faire les cons ", a déclaré Rémi Kukulinski au cours des débats. "Je ne pensais pas que ça prendrait une telle ampleur ", a-t-il encore dit. Avant que la cour ne se retire pour délibérer, Nicolas Dos Reis a lui réitéré ses "excuses ". 

Présente à l'audience, Fatou Sam, la veuve
de l'homme qui s'est défenestré pour échapper aux flammes, a accueilli le
verdict avec fatalisme : "Je ne peux pas récupérer mon mari, 30 ans, 20,
ou la peine de mort, ça ne change rien du tout
", a-t-elle déclaré. De son
côté, la défense a décidé de faire appel du verdict.

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