Procès du Carlton : les avocats de DSK "confiants"

(Me Frédérique Beaulieue, Richard Malka et Henri Leclerc, les trois avocats de DSK au procès du Carlton à Lille © MaxPPP)

Les trois avocats de DSK ont plaidé ce mercredi matin au tribunal correctionnel de Lille. Alors que le réquisitoire demandait déjà sa relaxe mardi, ils ont simplement enfoncé le clou, comme une évidence. "Il n'y a rien, le dossier est à terre", a dit Henri Leclerc.

Les trois avocats de DSK se sont succédé à la barre mercredi matin, une simple formalité, tant le dossier ne tenait déjà plus. Mardi le procureur avait demandé la relaxe "pure et simple ". Sur le fond, les avocats l'ont martelé : "Il n'y a aucun élément ", "il n'y a rien ". "La seule chose qui nous intéresse : est-ce que DSK est un proxénète ? ", a demandé Me Henri Leclerc, "pas un seul " élément, répond-t-il. "Nous savions bien que ce dossier s'effondrerait, qu'en droit il était incohérent ", a-t-il ajouté, évoquant "l'absurdité ", "le grotesque " de la mise en cause de DSK. Saluant un débat contradictoire très bien mené au cours du procès, "rien ne reste de ce dossier, il est à terre ", a-t-il indiqué. "La pyramide de sable est tombée, le mirage juridique s'est dissipé ", a également plaidé Me Richard Malka.

 

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"La colère n'est pas que du côté des parties civiles"

Le terme de "construction " a été employé plusieurs fois dans ces plaidoiries de la défense de DSK. "Que reste-t-il ? Que reste-t-il ? Tout cela est évident, c'est une construction folle ", a indiqué Me Frédérique Beaulieu. "Il a fallu bâtir un dossier pour entretenir pendant trois ans les faits, les conversations en ville, les journaux ", a aussi dit Henri Leclerc. Les trois avocats ont également exprimé leur colère. "Il y a quelque chose qui met en colère dans cette affaire... et la colère n'est pas que du côté des parties civiles ", a indiqué Me Frédérique Beaulieu.

 

Colère contre l'instruction d'abord. Concernant les SMS par exemple, dont une sélection a été gardée, Frédérique Beaulieu considère que c'est "exactement ce qu'un avocat ne doit jamais faire, caviarder un dossier, prendre uniquement ce qui l'arrange. Un procédé que je considère, quand utilisé par la défense, comme indigne, alors quand il est utilisé par celui qui instruit, à charge ou à décharge... je ne peux le qualifier, mais pas loin d'une manipulation d'un dossier ", dit-elle. Frédérique Beaulieu a également attaqué la parole de Jade, partie civile : "Elle a, je crois, profondément réécrit l'histoire, comme elle en a réécrit tant d'autres des histoires, Jade ".

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"Ces juges étaient-ils si impartiaux ?"

Chacun se réfère au droit. "Le droit dans cette affaire, le droit, le droit a été tordu, détourné de sa finalité, tout autant que les faits ", dit Frédérique Beaulieu. "Tout au long de l'instruction, pourquoi a-t-on fait à ce point fausse route pour transformer DSK en proxénète ? " a également demandé Richard Malka. "On a pris un gros chausse-pieds et on a essayé de faire rentrer ces notions dans le code pénal ", a-t-il dénoncé. "Ces juges étaient-ils si impartiaux ? ", a finalement demandé Henri Leclerc, martelant "le droit, le droit, le droit, rien que le droit, la loi ". 

 

Colère contre le déballage aussi, de la vie sexuelle de DSK, "cet homme qu'on a voulu essentialiser à sa seule activité sexuelle ". Avec en ligne de mire le déballage dans la presse : "Trois années d'instruction et trois années de violation du secret de l'instruction ", a dit Richard Malka. "Nous avons assisté pendant trois ans à cette fuite du procès, à la publication des éléments les plus salaces, les plus crus ", a ajouté Me Henri Leclerc. "Qui a donc fait sortir ce dossier ? Qui a tronqué les citations ? " "Pas les journalistes " "Qui ? " "Tout cela est terrible ", a-t-il ajouté.

"Pas trop de leçons de morale s'il vous plaît..."

Colère contre la morale aussi. "Ces cris d'indignation, ces sourires pincés, on s'indigne dans le soirées mondaines, des rires gras, des propos grivois ", a dit Me Henri Leclerc. "On en parle en éclatant de rire dans les soirées mondaines, alors pas trop de leçons s'il vous plaît... " a-t-il ajouté. Frédérique Beaulieu cite également cette "phrase invraisemblable " d'un avocat, selon elle : "Il bénéficiera d'une relaxe mais beaucoup ne serons pas dupes ", "Ca veut dire quoi ? " demande-t-elle. "Ca suffit, ça suffit, ça suffit les anathèmes dans lesquels nous vivons ". Alors que pour Me Richard Malka, le cœur du dossier est "la fonction sociale de DSK, l'homme puissant nécessairement coupable ".

Alors une fois qu'on enlève tout ça, que reste-t-il, demande Me Richard Malka ? "Un procès ordinaire, où vous jugerez des gens ordinaires, de façon ordinaire ". Henri Leclerc, solennel : "Votre décision est importante pour DSK mais surtout pour notre justice ". "C'est important que l'on sache qu'il peut y avoir des dérapages mais qu'après, la justice reste ce qu'elle est, debout, loyale, contradictoire, ma pauvre vieille justice toute cabossée toute mal foutue ". Puis en guise de conclusion : "Relaxez-le et ce sera justice ".

 

 

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