Procès des attentats de janvier 2015 : retrouvez le témoignage du joggeur blessé par balles le soir de l'attaque à "Charlie"

Le pupitre du prétoire dans la salle d\'audience dédiée au procès des attentats de janvier 2015, au tribunal judiciaire de Paris, le 27 août 2020.
Le pupitre du prétoire dans la salle d'audience dédiée au procès des attentats de janvier 2015, au tribunal judiciaire de Paris, le 27 août 2020. (MAXPPP)

La cour d'assises spéciale de Paris s'est penché jeudi sur la mystérieuse tentative d'assassinat dont un joggeur a fait l'objet près de la capitale le soir de l'attaque à "Charlie Hebdo".

Le 7 janvier 2015 dans la soirée, un joggeur est grièvement blessé par balles à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine). Est-ce Amedy Coulibaly qui lui a tiré dessus pour tester son arsenal avant d'abattre, le lendemain, la policière municipale Clarissa Jean-Philippe à Montrouge, puis de tuer quatre personnes à l'Hyper Cacher, porte de Vincennes à Paris ? L'enquête n'a pas pu le déterminer. Le joggeur livre son témoignage devant la cour d'assises spéciale de Paris, jeudi 17 septembre, au 12e jour du procès des attentats de janvier 2015. Avant lui, un enquêteur a été auditionné pour retracer les faits de cette soirée.

 Des proches des frères Belhoucine entendus jeudi après-midi. Trois témoins sont convoqués à la barre pour parler des personnalités de Mohamed et Mehdi Belhoucine. Leur audition était initialement prévue le 4 septembre mais a été décalée. Mohamed Belhoucine a écrit la prestation d'allégeance à l'Etat islamique d'Amedy Coulibaly. Il a créé des adresses mail permettant au terroriste de recevoir des instructions. Les juges le considèrent comme l'un des principaux complices. Mehdi Belhoucine s'est radicalisé au côté de son frère aîné. Sa mission était de "mettre à l'abri" en Syrie Hayat Boumeddiene, l'épouse religieuse d'Amedy Coulibaly. Les deux frères sont jugés par défaut, les témoignages de leurs proches sont donc indispensables.

 L'ombre des absents plane sur le procès. Hayat Boumeddiene est elle aussi jugée par défaut. La dernière image connue de l'accusée date du 2 janvier 2015. On la voit alors à l'aéroport de Madrid, aux côtés de Mehdi Belhoucine. Ils s'apprêtent à prendre un avion pour Istanbul, d'où ils rejoindront la Syrie, pour rallier le groupe Etat islamique. Depuis, un mandat d'arrêt a été prononcé contre elle. Est-elle encore vivante ? Plusieurs éléments le laissent penser, y compris les témoignages de ses proches à l'audience, livrés le 4 septembre. En revanche, les frères Belhoucine sont donnés pour mort. Les deux hommes auraient été tués en Syrie, mais les décès ne peuvent pas être officiellement confirmés.

 Les témoignages poignants de Michel Catalano et de son employé. Le gérant de l'imprimerie de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), où les frères Kouachi s'étaient retranchés lors de leur cavale en région parisienne après la tuerie de Charlie Hebdo, était appelé à la barre, mercredi après-midi. "Tant que Lilian était à l'intérieur, j'avais le souffle coupé", a-t-il raconté à propos de son employé resté caché plus de huit heures dans les locaux. Ce dernier a lui aussi témoigné devant la cour d'assises spéciale de Paris. Il est revenu sur "le moment le plus marquant", celui où Saïd Kouachi est venu se laver les mains dans l'évier sous lequel il était caché : "L'eau ruisselait dans mon dos, j'avais peur, j'étais tétanisé, mon cerveau et mon cœur étaient en pause, c'était irréel."

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