Procès des attentats de janvier 2015 : "J'ai regardé le canon et après je l'ai regardé dans les yeux", raconte l'agent qui s'est battu avec Amedy Coulibaly

Une femme passe, le 30 août 2020, devant les plaques commémoratives sur le boulevard de Montrouge (Hauts-de-Seine) où Clarissa Jean-Philippe a été assassinée le 8 janvier 2015. 
Une femme passe, le 30 août 2020, devant les plaques commémoratives sur le boulevard de Montrouge (Hauts-de-Seine) où Clarissa Jean-Philippe a été assassinée le 8 janvier 2015.  (THOMAS COEX / AFP)

Clarissa Jean-Philippe a été abattue par Amedy Coulibaly en pleine rue le 8 janvier 2015, à Montrouge (Hauts-de-Seine), au lendemain de la tuerie à "Charlie Hebdo" et à la veille de la prise d'otages meurtrière à l'Hyper Cacher.

Elle avait 27 ans. Clarissa Jean-Philippe, policière municipale, a été assassinée par Amedy Coulibaly, le 8 janvier 2015, alors qu'elle intervenait sur un accident de circulation à Montrouge (Hauts-de-Seine). Vendredi 18 septembre, la cour d'assises spéciale de Paris revient sur ces faits et entend ses proches et collègues. "Ma fille, elle voulait vivre" : Marie-Louisa Jean-Philippe, sa mère, a expliqué à franceinfo qu'elle souhaitait témoigner face aux accusés du procès des attentats de janvier 2015"pour comprendre". Après le binôme de la policière, la cour a entendu vendredi matin le témoignage de l'agent municipal qui s'est battu avec Amedy Coulibaly. "J'ai regardé le canon et après je l'ai regardé dans les yeux, je me suis dit que c'était fini, ça a duré une ou deux secondes", a-t-il relaté.

 Cinq ans n'auront pas été suffisants pour faire son deuil. Marie-Louisa Jean-Philippe est une mère fatiguée, usée par la souffrance, par le manque et le vide, mais une mère combattante qui a fait 7 000 km depuis son île de Martinique pour assister à l'audience. "C'est une angoisse et j'ai peur. Il faut tenir pour elle. Je tiens mais ce n'est pas facile. On fait avec", a-t-elle également déclaré à franceinfo. "Clarissa avait 27 ans. Ce n'est pas vraiment l'âge de quitter le monde. C'était une gamine très sage, qui savait ce qu'elle voulait et qui est partie trop tôt", avait confié sa tante, Suzanne Alcindor, à franceinfo, avant l'ouverture du procès.

 Le mystère du joggeur de la coulée verte. Jeudi, la cour d'assises spéciale a entendu Romain, l'une des victimes des trois jours meurtriers. Mais ce qui lui est arrivé le mercredi 7 janvier 2015 au soir, quelques heures après l'attaque de Charlie Hebdo, reste nimbé de mystèreRomain est grièvement blessé par balles alors qu'il fait un jogging à Fontenay-aux-Roses, banlieue tranquille au sud de Paris. Est-ce Amedy Coulibaly qui a blessé le joggeur pour tester son arsenal avant d'abattre Clarissa Jean-Philippe ? Romain a exclu que son agresseur soit le terroriste. Il a désigné Amar Ramdani, l'un des 14 accusés au procès, et maintenu ses accusations à l'audience.

 Trois accusés jugés par défaut. Quatorze personnes sont jugées depuis le 2 septembre, soupçonnées de soutien logistique aux frères Kouachi et à Amedy Coulibaly. Trois d'entre elles sont jugées par défaut. C'est le cas des frères Belhoucine. Deux de leurs proches, peu loquaces, sont venus apporter quelques éléments de personnalité à la barre, jeudi. Mohamed et Mehdi Belhoucine sont donnés pour mort. Les deux hommes auraient été tués en Syrie, mais les décès ne peuvent pas être officiellement confirmés, y compris par leur frère cadet venu témoigner au procès.

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