Article 24, procès des attentats de janvier 2015, affaire Mila... Le "8h30 franceinfo" de Richard Malka

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L'avocat de Charlie Hebdo était l'invité du "8h30 franceinfo", lundi 30 novembre 2020.

Richard Malka, l'avocat de Charlie Hebdo était l'invité du "8h30 franceinfo", lundi 30 novembre 2020. Article 24 de la proposition de loi "sécurité globale", procès des attentats de janvier 2015, affaire Mila... Il répond aux questions de Marc Fauvelle et Salhia Brakhlia.

Article 24 : "C'est de la poudre de perlimpinpin"

L'article 24 de la loi "sécurité globale", encadrant l'image des policiers, "c'est de la poudre de perlimpinpin", juge Richard Malka. "Qui peut penser qu'en 2020, avec les réseaux sociaux, avec les messageries cryptées hébergées en Russie, que cette loi aurait une quelconque efficacité ? Elle n'en aura évidemment aucune", estime-t-il.

Autre écueil aux yeux de l'avocat : la menace sur "les libertés publiques". "Le problème est celui des abus que cela pourrait donner en termes de garde à vue. Vous voyez quelqu'un filmer, vous pouvez le mettre en garde à vue en supposant qu'il aurait des intentions malveillantes", dénonce l'avocat au barreau de Paris.

Images de l'attaque de Charlie hebdo : "C'est au-delà de mes forces"

Le procès des attentats de janvier 2015 doit reprendre mercredi 2 décembre après un mois d'arrêt. "Je suis sorti pendant qu'on a diffusé la vidéo des Kouachi à Charlie Hebdo", assure Richard Malka, avocat du journal satirique. "Je n'ai pas la force pour regarder ça. Je ne l'ai jamais regardée, c'est au-delà de mes forces. [...] Je ne serais plus capable de faire mon métier, de porter ce que je porte dans ce procès si je l'avais regardée", explique-t-il.

S'il avait regardé ces images, "il y aurait eu de la colère, il y aurait eu de la peine, il y aurait eu un traumatisme", estime Richard Malka. "Vous pouvez avoir de la rage mais il faut faire attention parce qu'il faut aussi une distance nécessaire, sinon ça perturbe votre jugement" en tant qu'avocat, ajoute-t-il.

"À force de recevoir des menaces, vous avez envie de répondre"

Mila, l'adolescente de 17 ans est à nouveau cible de menaces de mort après des propos sur l'islam. Pour Richard Malka, son avocat, "à force de recevoir des menaces, à un moment vous avez envie de répondre, c'est humain." "Bien sûr qu'on lui a demandé" de ne pas republier de vidéo mais "c'est compliqué quand même". "Déjà on l'a déscolarisée, ensuite on lui coupe les réseaux. Cela faisait huit mois qu'elle ne disait rien", souligne-t-il.

Depuis la publication de sa première vidéo en janvier dernier, Mila a reçu "des dizaines de milliers de menaces de mort", "alors qu'elle n'a enfreint aucune loi, comme l'a constaté le procureur de la Vienne (Isère)", rappelle Richard Malka.

"Comment peut aller une jeune fille de 17 ans dont la vie a basculé dans l'horreur, qui a été déscolarisée, qui vit protégée par des policiers ? À 17 ans, on ne vit pas ça. Vous n'imaginez pas la violence des messages qu'elle reçoit tous les jours : des cercueils, des têtes décapitées, des centaines de messages la menaçant de viol, d'égorgement, d'éviscération", énumère son avocat. "Qu'est-ce qui justifie des menaces de mort ? Qu'est-ce qu'on leur a mis dans la tête ?", s'interroge-t-il.

Retrouvez l'intégralité du "8h30 franceinfo" du lundi 30 novembre 2020 :

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