Procès Bettencourt : le procureur requiert trois ans de prison contre Banier et la relaxe pour Woerth

Le photographe François-Marie Banier lors du procès Bettencourt, jeudi 20 février 2015 à Bordeaux (Gironde).
Le photographe François-Marie Banier lors du procès Bettencourt, jeudi 20 février 2015 à Bordeaux (Gironde). (MEHDI FEDOUACH / AFP)

La conviction du parquet, qui avait déjà requis un non-lieu pour l'ancien ministre à la fin de l'instruction, n'a pas évolué au cours de près d'un mois de procès.

Le ministère public a requis la relaxe d'Eric Woerth, vendredi 20 février. L'ancien ministre UMP est jugé dans un procès pour des abus de faiblesse dont aurait été victime l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt.

La conviction du parquet, qui avait déjà requis un non-lieu pour Eric Woerth à la fin de l'instruction, n'a pas évolué au cours de près d'un mois de procès où ont comparu dix prévenus. Il a considéré que "les charges ne sont pas suffisantes, le doute bénéficiant par principe au prévenu".

Peine maximale de trois ans requise contre Banier

En revanche, le procureur a requis trois ans de prison et 375 000 euros d'amende contre le photographe François-Marie Banier, accusé d'abus de faiblesse sur la milliardaire. Lors de sa réquisition, le matin, le procureur adjoint Gérard Aldigé l'avait qualifié de "menteur" et "flagorneur", qui tenait sous son "emprise totale" une Liliane Bettencourt "vulnérable" pour lui soutirer des centaines de millions d'euros.

Trois ans de prison dont dix-huit mois avec sursis ont été requis contre Martin d'Orgeval, compagnon de François-Marie Banier. La même peine a été requise contre Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt. Le parquet a enfin requis un an de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende contre Jean-Michel Normand, 80 ans, le notaire de Liliane Bettencourt.

Le parquet ne retient aucune charge contre Woerth

Eric Woerth est poursuivi dans cette affaire pour recel de sommes d'argent qu'il aurait obtenues de Patrice de Maistre, lequel aurait obtenu cet argent liquide de la milliardaire. L'ex-comptable de la maison Bettencourt a indiqué qu'elle avait préparé une enveloppe de 50 000 euros destinée à Patrice de Maistre, qui avait un rendez-vous deux jours après, le 19 janvier 2007, avec Eric Woerth, alors trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Les deux hommes s'étaient revus le 7 février suivant, deux jours après que 400 000 euros en liquide en provenance de comptes en Suisse eurent été "livrés" au domicile de Liliane Bettencourt. Le parquet a estimé que les "coïncidences de dates" ne suffisaient pas pour condamner les deux hommes. Nicolas Sarkozy, qui a été mis en examen dans cette affaire, a déjà bénéficié d'un non-lieu.

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