PIP : toutes les victimes ne pourront pas poursuivre Jean-Claude Mas

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La juge d’instruction chargée de l’enquête sur les prothèses non-conformes envisage de traiter séparément les dossiers des patientes. Seules celles dont les implants ont rompu pourraient s’associer aux poursuites pour blessures involontaires. Les représentants des victimes s’insurgent.

Y aura-t-il deux sortes de victimes de PIP : les femmes qui souffrent de conséquences physiques, et les autres ? Seules les premières pourraient se porter parties civiles dans le dossier ouvert pour blessures et homicides involontaires, selon les instructions de la juge Annaïck Le Goff, du pôle santé de Marseille. Les autres victimes pourraient toujours s’associer aux poursuites pour tromperie, déjà engagées.

"C’est une discrimination de séparer les deux ", s’indigne Philippe Courtois, avocat d’une partie des victimes. Il voit dans cette distinction une volonté "soit d’alléger le dossier d’instruction, soit de considérer que la qualification de  blessures involontaires exclut les blessures psychologiques ".

Faute de certitudes

Jean-Claude Mas, le fondateur de PIP, a admis avoir utilisé un gel non conforme pour la fabrication de ses prothèses. Mais il nie qu'elles soient plus dangereuses que celles de la concurrence.

L'Autorité française de sécurité sanitaire des produits de santé recense 20 cas de cancer chez des femmes porteuses de prothèses PIP. Insuffisant pour établir un lien, selon les autorités sanitaires, au regard du nombre de femmes concernées en France - estimé à 30.000.

Le gouvernement recommande le retrait des implants PIP, mais il réserve le remboursement de la pose de nouvelles prothèses aux patientes opérées dans le cadre de la chirurgie reconstructrice.