"Parce qu'ils semblaient SDF, personne n'y prêtait attention" : à Marseille, des témoins assistent à un viol en pleine rue et en pleine journée

L\'endroit où a eu lieu l\'agression sexuelle, dans le 1er arrondissement de Marseille, le 6 août 2017.
L'endroit où a eu lieu l'agression sexuelle, dans le 1er arrondissement de Marseille, le 6 août 2017. (Sophia Hocini / Facebook)

Une femme a été violée en pleine rue, dimanche, à Marseille. Son agresseur a été mis en examen et écroué.

Il leur a fallu plusieurs minutes pour comprendre ce qui se passait. Trois jeunes femmes ont été témoins d'un viol en pleine rue, dimanche 6 août, dans le 1er arrondissement de Marseille. Un homme, visiblement en état d'ébriété, a imposé un rapport sexuel à une femme sans domicile fixe, alors qu'elle était semi-consciente. L'homme a été interpellé, selon des informations confirmées à franceinfo par la préfecture de police. Il a été mis en examen pour viol, lundi, et placé en détention provisoire.

"Parce qu'ils semblaient SDF, personne n'y prêtait attention", déplore Elvire Duvelle-Charles, l'une des témoins de l'agression. Une de ses amies, également présente, a relaté l'incident sur Facebook dans un post intitulé "Ici a eu lieu un viol". "J'ai du mal à l'écrire, tellement je suis encore choquée…", écrit-elle.

Il est 16 heures quand l'agresseur s'en prend à sa victime. "La femme était semi-consciente, allongée sur un matelas, placé au sol dans la rue", explique à franceinfo Elvire Duvelle-Charles. Un homme, visiblement alcoolisé, la rejoint : "Il a essayé de l'embrasser deux fois, elle l'a repoussé d'une main." En vain : quelques minutes plus tard, le groupe se rend compte qu'il lui impose un rapport sexuel non consenti. "L'homme était allongé sur la femme et faisait des mouvements de va et vient", relate l'une des témoins. "On a crié qu'il était en train de la violer, tout le monde a réagi", précise l'autre. Un attroupement se forme autour du matelas et un serveur du bar jette un verre d'eau au visage de l'agresseur, qui finit par s'enfuir. 

"Ils s'adressaient à elle comme à une suspecte"

"La femme a remonté son jean d'un mouvement de main, comme un réflexe, et est retournée à son coma. J'ai essayé de la réveiller, mais en vain", poursuit Marguerite Stern dans son post Facebook. Ce sont les pompiers, appelés par les trois amies, qui réussissent à la ranimer. "Elle n'a pas compris ce qui s'était passé, nous lui avons expliqué ce qu'on venait de voir", confie Elvire Duvelle-Charles. Elle semble désorientée et ne comprend pas qu'elle peut porter plainte. "Son premier réflexe a été de dire : 'alors y en a d'autres qui devraient aller en prison, dans ce cas'".

Elvire Duvelle-Charles déplore la façon dont les pompiers, puis les forces de l'ordre ont traité la victime : "On avait l'impression que parce qu'elle était dans la rue, ils s'adressaient à elle comme à une suspecte." L'agression sexuelle est alors minimisée par les autorités, raconte-t-elle – "on nous a dit qu'il était peut-être juste en train de se frotter" – et l'état de la victime, visiblement alcoolisée, souligné. Les pompiers finissent par la conduire à l'hôpital – sous la contrainte, selon la témoin. Une version contestée par la préfecture de police et les marins-pompiers contactés par France 3 Provence-Alpes-Côte-d'Azur

Un homme, localisé une vingtaine de minutes plus tard par la police et soupçonné d'être l'auteur des faits, a été placé en garde à vue, puis mis en examen pour viol le lendemain et placé en détention provisoire. 

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