Nouvelles accusations contre l'ancien n°2 de la PJ lyonnaise

Michel Neyret dans les locaux de l\'Hotel de police de Lyon, le 26 octobre 2009.
Michel Neyret dans les locaux de l'Hotel de police de Lyon, le 26 octobre 2009. (PHILIPPE MERLE / AFP PHOTO)

Selon Paris-Match, Michel Neyret vendait à des membres du grand banditisme des fiches de police les concernant.

Les accusations se multiplient à l'encontre de Michel Neyret, l'ancien numéro deux de la police judiciaire lyonnaise, mis en examen et écroué depuis début octobre pour association de malfaiteurs.

Le site internet de Paris-Match a révélé vendredi 11 novembre que Michel Neyret transmettait des fiches de police à des membres du grand banditisme, contre des sommes allant jusqu'à 50 000 euros pièce. Selon Paris-Match.com, près de 108 fiches de la PJ et sept d'Interpol auraient ainsi été dealées. 

Des accusations que récuse Michel Neyret, a indiqué samedi son avocat auprès de l'Agence France Presse.

Le site internet publie plusieurs exemples de fiches vendues par Michel Neyret. L'une d'elles concerne par exemple un homme recherché après une saisie de 111 kilos de cocaïne dans un appartement de Neuilly, en novembre 2010. Michel Neyret aurait également fait sortir, contre de l'argent, une fiche concernant un homme soupçonné d'avoir tenté de détourner deux millions d'euros du compte bancaire de l'Elysée. Michel Neyret aurait transmis ces fiches à Gilles Bénichou, présenté comme une figure de la nuit lyonnaise, et qui est aujourd’hui écroué, accusé de corruption.

"Des faveurs, mais jamais le moindre centime"

"Que des fiches puissent avoir été monnayées 50.000 euros, je le démens avec force. On a toujours contesté qu'un quelconque service puisse avoir été monnayé contre des espèces sonnantes et trébuchantes", a déclaré l'avocat de Michel Neyret, Me Sauvayre. "Il y a eu des fiches sorties" et Neyret "a reconnu avoir bénéficié de faveurs, une voiture, une villa dont il aurait joui, des voyages, mais jamais du moindre centime", a-t-il affirmé.

Michel Neyret est détenu depuis le 3 octobre après sa mise en examen pour "corruption, trafic d'influence, association de malfaiteurs et trafic de stupéfiants". Selon ses avocats, le commissaire admet certains faits qui lui sont reprochés, comme l'utilisation de drogue pour rémunérer des indics, et ce qu'il appelle un "péché d'amitié" avec certaines personnes. Mais il estime avoir agi dans le cadre de son métier de policier.