Merah : TF1 justifie la diffusion des enregistrements

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Face à la polémique, la directrice de l'information de TF1 a expliqué lundi matin que "des informations importantes" justifiaient la diffusion dimanche soir dans l'émission Sept à huit d'une partie des enregistrements du dialogue entre le "tueur au scooter" assiégé et les policiers.

TF1 a répondu à la polémique lundi par la voix de Catherine Nayl, sa directrice de l'information. Elle a expliqué que les
extraits des enregistrements, diffusés dimanche soir dans l'émission Sept à huit ,  avaient avant tout une "valeur informative" , et
contenaient "des informations très importantes sur la façon dont les
hommes du Raid ont négocié"
.

"Je pense que ce document prouve que, jusqu'au bout
du raid, les négociateurs ont essayé d'arrêter Mohamed Merah, et de l'arrêter vivant. On y comprend aussi que
Mohamed Merah, avec un sang-froid
et une détermination absolue s'est construit un personnage" (Catherine Nayl, directrice de l'information de TF1)

De son
coté, Emmanuel Chain, producteur de l'émission Sept à huit  qui a diffusé ces
extraits, avait déjà expliqué dimanche soir avoir "beaucoup réfléchi" , et "avoir agi en
responsabilité"
pour diffuser le document.

"On apprend comment Merah s'est formé avec Al-Qaïda, sa détermination : le document a été
très contextualisé" (Emmanuel Chain, producteur de l'émission)

Par
ailleurs, la chaine de  télévision, qui affirme disposer d'une bande quatre
heures et demi d'enregistrements, s'est défendu de tout sensationnalisme: "Ce n'est pas un document qui se voulait choc" , insiste TF1."On
comprend parfaitement  la violence pour les familles des victimes"
, a précisé Catherine Nayl, qui a dit tenir à souligner que le document diffusé dimanche a
été fait de "manière journalistique, pierre après pierre" .

La Société des Journalistes (SDJ) de TF1 a apporté son soutien à l'émission Sept à huit, affirmant dans un communiqué "ne pas être choquée" pas la diffusion de ces images, à l'inverse du CSA: son président Michel Boyon a jugé inacceptable "qu'on puisse se moquer ainsi de la douleur des familles" .

L'Inspection
générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", a
été chargée de mener une enquête sur la diffusion de ces enregistrements faite
dimanche par TF1, qui les a néanmoins retirés de son site Internet.

De
leur coté, les proches des victimes de Mohamed Merah ont dénoncé cette diffusion et ont dit vouloir saisir la justice
en urgence, afin d'obtenir l'interdiction de toute diffusion de ces enregistrements.

 

 Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a déconseillé aux chaînes de rediffuser les extraits en question. Sur Europe 1, son président, Michel Boyon, s'est dit "profondément choqué", jugeant "pas acceptable qu'on puisse se moquer ainsi de la douleur des familles".