Lieux de privation de liberté: l'immobilisme des pouvoirs publics

(Christophe Petit Tesson Maxppp)

Le contrôleur général des lieux de privation de liberté a rendu son rapport annuel. Cette année, Jean-Marie Delarue et ses équipes ont travaillé notamment sur les locaux de garde à vue, le bilan de la loi pénitentiaire, l'architecture des établissements pénitentiaires, la prise en charges des malades mentaux ou encore la question de la laïcité dans les prisons. Et, un constat :  les choses n'évoluent pas beaucoup...

Cette année, le rapport annuel du contrôleur général des lieux
de privation de liberté ne pointe pas un problème en particulier, comme les
Beaumettes l'an dernier. Mais en préambule, un "coup de gueule" de
Jean-Marie Delarue sur ses préconisations restées lettres mortes, certaines
depuis six ans.

Et d'abord, le contrôleur général des lieux de privation de
liberté envoie, à sa façon, c'est à dire tout en douceur, des piques au
gouvernement. D'emblée, il rappelle qu'il est "doté du seul pouvoir
d'adresser des recommandations aux pouvoirs publics", mais cela ne
l'empêche pas de "s'étonner de ne pas avoir reçu le moindre signe des
ministères intéressés" par ses préconisations.

Ces mesures pourtant peu
coûteuses, souligne-t-il, et qui selon lui auraient une vertu pédagogique,
comme montrer que la prison doit évoluer, pas seulement en matière de sécurité
mais aussi en terme de prise en charge des détenus "plus attentive".

Pour un accès contrôlé à Internet et au téléphone portable

Parmi quelques exemples, la mise à disposition d'Internet,
soumise bien-sûr à contrôle, ou encore le lancement d'une étude sur les
conditions d'utilisations des téléphones portables, qui doit déboucher, estime
Jean-Marie Delarue, sur une autorisation là aussi contrôlée. "Je crois que l'autorisation des téléphones portables en détention est inéluctable. Le meilleur moyen, c'est de s'y préparer ", a-t-il déclaré mardi, lors d'une conférence de presse.

Mais il a aussi une chose que le contrôleur
demande avec constance depuis 2008 : faire enlever le soutien gorge d'une femme
pendant une garde à vue doit être l'exception, uniquement quand cela représente
un "danger" pour elle. Jean-Marie Delarue note avec une certaine
ironie que dans les commissariats visités, "le port du soutien gorge est toujours
source de péril"!

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