Les escroqueries bancaires deux fois plus nombreuses que les plaintes

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Environ 500.000 ménages en ont été victimes l’année dernière. Les fraudes à la carte bleue sont au moins deux fois plus importantes que ne l'indiquent les chiffres officiels. Selon l’enquête de l’Insee et de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, la moitié des délits suit un achat en ligne.

La moitié des victimes ne porte pas plainte - ce n'est pas nécessaire pour être remboursé. Quelque 500.000 foyers français ont été victimes de débits bancaires frauduleux en 2010, selon l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales.

Cette étude découle de l'enquête "Cadre de vie" de l'Insee, qui interroge chaque année 17.000 français sur divers sujets, y compris les délits qui les auraient visés. Pour la première fois, la question a distingué les débits frauduleux, en général liées à la carte bancaire.

Le dépôt de plainte officiellement découragé

L'unique chiffre disponible jusqu'ici, le nombre de plaintes déposées, concernait seulement 46 174 falsifications et usages de cartes de crédit, et 194 178 escroqueries et abus de confiance en 2011. Des chiffres en baisse d'environ 5% l'année dernière, contre toute attente.

Cet indicateur est "faussé ", déplore Alain Bauer, le président de l'ONDRP. En l'absence de vol de cartes bancaires, les dépôts de plaintes se font rares. Sur instruction du ministère de la Justice, policiers et gendarmes conseillent aux victimes de solliciter le remboursement auprès de leur banque avant de déposer plainte.

La moitié des fraudes sur Internet

Selon l'étude, 80% des victimes sont intégralement remboursées, mais la moitié seulement dépose plainte. Cette proportion augmente avec le préjudice. La moitié des débits illégaux ne dépassent pas 250 euros. Mais la moyenne atteint 750
euros, sous l'influence d'une minorité de grosses fraudes.

L'étude est basée sur les déclarations des personnes interrogées, et non sur les résultats d'enquêtes judiciaires. La moitié des victimes a repéré au moins "un achat sur internet à l'aide de leurs informations bancaires". Environ 15% des cas impliquent un achat illégal dans un commerce physique (en majorité à l'étranger), et autant de retraits irréguliers dans un distributeur de billets.

Boutiques en ligne et banques traînent des pieds

Face à ce phénomène, Serge Maître, président de l'Association française des usagers des banques, réclame davantage de vérifications au moment du paiement sur internet.

Les solutions techniques existent : code valable une seule fois, signature supplémentaire, ou validation par un terminal physique. Mais trop de banques et de commerces en ligne tardent à utiliser ces outils.

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