Poussé à démissionner par le PS, Guérini veut rester en fonction

Jean-Noël Guérini au conseil général des Bouches-du-Rhône, à Marseille, le 31 mars 2011.
Jean-Noël Guérini au conseil général des Bouches-du-Rhône, à Marseille, le 31 mars 2011. (JEAN-PAUL PELISSIER / REUTERS)

La direction du Parti socialiste a demandé à Jean-Noël Guérini, mis en examen en septembre pour prise illégale d'intérêt, trafic d'influence et association de malfaiteurs, de démissionner de la présidence du conseil général des Bouches-du-Rhône. Celui-ci refuse.

"J'irai au terme de mon mandat. Pourquoi voulez-vous que je démissionne ? Que faites-vous de la présomption d'innocence ?" Après avoir pris connaissance de la demande du PS, qui souhaite sa démission de la présidence du conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini n'a pas tardé à réagir, mercredi 2 novembre, sur Europe 1.fr. Mis en examen pour prise illégale d'intérêt, trafic d'influence et association de malfaiteurs le 8 septembre, l'élu socialiste refuse de quitter ses fonctions. Ou plutôt la soumet à la condition que "les 50 grands élus socialistes qui ont été condamnés démissionnent immédiatement".


"Le BN a demandé la mise en retrait [de Guérini] et d'en tirer toutes les conséquences en termes d'exécutif, de présidence et de participation au groupe socialiste au Sénat et au conseil général", a indiqué mercredi Benoît Hamon, porte-parole du PS. "Je n'ai pas été élu par le bureau national du PS mais par mes pairs, je suis innocent et plus que jamais combattif", a rétorqué peu après Jean-Noël Guérini.

• L’affaire Guérini, c’est quoi ?

Il s’agit d’une vaste enquête sur une fraude présumée aux marchés publics dans les Bouches-du-Rhône. La justice cherche notamment à savoir si Jean-Noël Guérini, sénateur et président socialiste du conseil général, a favorisé son frère, Alexandre Guérini, chef d’entreprise, dans l’attribution de marchés publics pour le ramassage et le traitement de déchets dans le département. 
 
Depuis le début de cette affaire en 2009, Jean-Noël Guérini s’est toujours démarqué de son frère. Jusqu'en février 2011, lorsque Le Parisien révèle que des écoutes téléphoniques menées par la section de recherches de Marseille le mettent en cause.
Selon ces écoutes, il serait intervenu directement auprès d’élus locaux de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) pour faciliter les affaires de son frère. Autre reproche : l’achat par le conseil général d’un terrain à La Ciotat en le préemptant, pour qu’Alexandre Guérini puisse l’exploiter comme décharge.

• Comment l'UMP réagit-elle ?

Un peu plus tôt dans la journée de mercredi, la ministre du Budget, Valérie Pécresse, et le député UMP des Bouches-du-Rhône Renaud Muselier avaient fustigé à l'Assemblée nationale l'attitude du PS dans cette affaire.

Renaud Muselier a rappelé que Jean-Noël Guérini avait "décidé de rester en fonction" en invoquant "le respect de la présomption d'innocence""Comment peut-on faire pendant la durée de la procédure pour protéger l'argent des contribuables ?", a-t-il ensuite demandé à Valérie Pécresse.

 

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