Ce que l'on sait sur Saïd Arif, le terroriste islamiste en fuite

Saïd Arif, en décembre 2012.
Saïd Arif, en décembre 2012. (FRANCE 3 AUVERGNE)

Ce terroriste de nationalité algérienne, assigné à résidence depuis sa sortie de prison en 2011, a pris la fuite samedi soir à bord d'une voiture volée en Haute-Loire. Les autorités le recherchent activement.

Il devait se présenter au commissariat dimanche 12 mai à 9 heures, mais les gendarmes ont attendu en vain. Alors qu'il était placé en résidence surveillée à Brioude (Haute-Loire), le terroriste islamiste Saïd Arif a pris la fuite, vraisemblablement samedi soir. Un plan Milan (autre nom du plan Epervier) a été déclenché pour tenter de le retrouver.

Qui est ce militant de nationalité algérienne, condamné en 2007 pour apprtenance à un réseau terroriste ? Comment a-t-il pris la fuite ? Francetv info résume les informations disponibles à ce jour.

Qui est Saïd Arif ?

Né le 5 décembre 1965 à Oran, Saïd Arif, lieutenant déserteur de l'armée algérienne, est considéré comme un important responsable des réseaux jihadistes liés à Al-Qaïda. Il a séjourné en Afghanistan, où il a été formé dans les camps d'entraînement du réseau terroriste. Il aurait été en contact avec Oussama Ben Laden et le lieutenant d'Al-Qaïda Abou Moussad Al-Zarkaoui.

Après son séjour en Afghanistan, Saïd Arif aurait notamment été responsable, au début des années 2000, de certaines filières d'acheminement et de formation des futurs combattants terroristes d'Al-Qaïda. Extradé de Syrie sur demande de la France, il a été mis en examen en 2004 pour la première fois pour "appartenance à une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" par le juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière, dans un procès rassemblant divers protagonistes des filières de recrutement de combattants en Tchétchénie.

Les membres de ce réseau étaient aussi soupçonnés d'avoir préparé des attentats contre plusieurs monuments parisiens, dont la Tour Eiffel, rapportait à l'époque L'Express.

Pourquoi se trouvait-il en Haute-Loire ?

Condamné en 2007, Saïd Arif a été libéré de prison en décembre 2011. La Cour européenne des droits de l'homme s'étant opposée à son expulsion vers l'Algérie, en raison de risques de torture, Saïd Arif était resté en résidence surveillée en France. Il avait d'abord été placé dans un hôtel de Millau, dont il s'était déjà échappé en janvier 2012.

Depuis octobre, il était assigné à résidence à Brioude (Haute-Loire), où il devait pointer chaque jour à la gendarmerie. Suite à la grogne d'élus locaux, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, s'était engagé à ce qu'il quitte Brioude fin avril 2013, mais le militant était toujours sur place, situation qui lui était "indifférente", avait-il confié à France 3 Auvergne.

Comment s'est-il échappé ?

Selon La Montagne, qui a révélé l'information, ce sont les gérants de l'hôtel où il résidait, à Brioude, qui ont donné l'alerte dimanche, à 8h30, en ne le voyant pas descendre pour le petit déjeuner. Ils ont également constaté que la voiture de leur belle-fille, une Citroën C3 grise, avait été volée.

Vu pour la dernière fois le samedi autour de 20h30, l'homme a vraisemblablement pris la fuite dans la soirée, son lit à l'hôtel n'ayant pas été défait, selon les enquêteurs.

Est-il dangereux ?

Saïd Arif a refait parler de lui le 21 mars dernier, avec des déclarations à un hebdomadaire catholique de la Haute-Loire, Renouveau. Il y déclarait que "les attentats suicide ayant une dimension économique sont le meilleur moyen de lutte pour les islamistes", avant d'ajouter : "Avec une voiture piégée, vous tuez 150 à 200 personnes."

Ces propos avaient conduit la justice à ouvrir une enquête pour apologie du terrorisme. Par ailleurs, "le fait de violer un arrêté [d'assignation à résidence] est une infraction pénale passible de 3 ans emprisonnement", a rappelé le procureur du Puy-en-Velay, Jacques Louvier, après sa fuite, dimanche.

Mais le terroriste pourrait déjà "être loin, même en dehors des frontières françaises. Nous ne sommes qu'à trois heures de la Suisse ou de l'Italie", a expliqué le procureur.
Une fiche de diffusion de son portrait a été transmise à toutes les gendarmeries de France.