Jean-Marie Le Pen condamné à 5 000 euros d'amende après ses propos sur les Roms

Jean-Marie Le Pen, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), le 25 mai 2014.
Jean-Marie Le Pen, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), le 25 mai 2014. (FRED DUFOUR / AFP)

La cour d'appel de Paris a confirmé, jeudi, la condamnation du président d'honneur du FN, qui avait moqué les Roms, en 2012, en leur prêtant ces propos : "Nous, nous sommes comme les oiseaux, nous volons naturellement".

Moquant les Roms, Jean-Marie Le Pen avait suscité rires et applaudissements en leur attribuant la phrase : "Nous, nous sommes comme les oiseaux, nous volons naturellement". La cour d'appel de Paris a confirmé, jeudi 20 novembre, la condamnation à 5 000 euros d'amende du président d'honneur du Front national pour ses propos sur les Roms, tenus le 22 septembre 2012 à La Baule (Loire-Atlantique), où se tenait l'université d'été du parti. 

Des "propos nauséeux" pour les associations antiracistes

Le fondateur du parti d'extrême droite va "évidemment former un pourvoi en cassation", a indiqué son avocat, Me Wallerand de Saint-Just. Jean-Marie Le Pen était poursuivi par plusieurs associations antiracistes, dont les avocats avaient dénoncé des "propos nauséeux", une volonté de "stigmatiser l'autre" ou un "humour raciste".

Jean-Marie Le Pen avait été condamné en première instance, le 19 décembre 2013, pour injure publique envers un groupe de personnes en raison de son appartenance à une ethnie. Il avait fait appel et l'avocate générale avait demandé lors de l'audience, le 9 octobre, la confirmation de sa condamnation. La cour d'appel a toutefois ramené le chef de condamnation à "complicité" d'injure publique, les propos incriminés ayant été diffusés sur le site internet du FN (en droit de la presse, le diffuseur est auteur principal).

Me de Saint-Just avait argué que son client n'avait pas consenti à ce que ce discours soit ainsi diffusé. En première instance, le tribunal avait écarté cet argument, Jean-Marie Le Pen n'ayant "jamais protesté contre cette diffusion ni sollicité le retrait de la vidéo litigieuse".

"Une violation très importante de la liberté d'expression"

Son avocat avait plaidé la relaxe, arguant de la liberté d'expression et assurant que voler ne désignait pas en l'espèce la "soustraction frauduleuse", mais le déplacement dans les airs, "comme les oiseaux qui n'ont aucune frontière""Cette décision in fine est une violation très importante de la liberté d'expression", a estimé Me de Saint-Just jeudi, assurant que son client "ira jusqu'au bout, devant la Cour européenne des droits de l'Homme qui se fait le chantre de la liberté d'expression et que précède habituellement la cour d'appel, sauf quand il s'agit de Jean-Marie Le Pen".

Depuis cette sortie, en 2012, l'ancien président du parti a, à plusieurs reprises, visé les Roms dans des déclarations provocatrices : en août, à Nice (Alpes-Maritimes), il a évoqué la "Romenade des Anglais", parodiant la célèbre "Promenade des Anglais". Un mois plus tôt, le président d'honneur du Front national avait dénoncé la "présence urticante" et "odorante" des Roms dans cette même ville.  

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