Le calme revient après les violences en marge de la Nuit Debout à Paris

(Après quelques incidents dans la la nuit de samedi à dimanche, le calme est désormais revenu © Radio France / Benjamin Illy)

18 personnes au total ont été interpellées samedi après-midi et dans la nuit de samedi à dimanche, en marge du mouvement de la Nuit Debout à Paris. Le préfet de police appelle sur France info à la responsabilité de chacun.

 Des incidents, après la mobilisation contre la loi Travail, ont duré quasiment toute la nuit, à Paris, près de la place de la République. En marge d'une 10e Nuit Debout, quelques dizaines de casseurs ont suivi un groupe qui souhaitait rejoindre le domicile du Premier Ministre, Manuel Valls, dans l'est de Paris. Les forces de l'ordre les ont repoussés. Là, les casseurs ont pris le dessus.

(Des distributeurs ont été détériorés et 18 personnes interpellées © Radio France / Benjamin Illy)

Michel Cadot, préfet de police de Paris nous raconte la suite : "Il y a eu une tentative d'intrusion et d'envahissement du commissariat du 11e ainsi qu'un caillassage des batiments et une dégradation des véhicules de service qui étaient garés là. Dans tout le boulevard Voltaire, un très grand nombre de distributeurs automatiques de billets ont été dégradés, au même titre que plusieurs banque, où ont été déploré un certain nombre de tentatives de vol assez nombreuses et violentes. Je ne sais pas qui sont ces casseurs, s'ils sont des militants ou non. Il ont entre 20 et 30 ans.. Mais ils mettent en difficulté les organisateurs tant du défile de Nation que du mouvement Nuit Debout, à un point tel qu'un organisateur nous a appelés dans la nuit parce qu'il n'arrivait plus à garantir la sécurité des participants."

Interrogé sur le renforcement du dispositif de sécurité, le préfet rappelle que le dispositif policier a été renforcé et sera maintenu mais qu'il existe aussi "d'autres priorités dans le cadre de l'état d'urgence", et que c'est, à son sens, une affaire "d'équilibre" et de "priorité". "J'appelle chacun, a-t-il conclu, à son sens des responsabilité après cette nuit difficile ."

Trois cents à 400 personnes ont tenté en outre samedi soir de se rendre au domicile privé du Premier ministre Manuel Valls, dans le XIe arrondissement, alors qu'il se trouvait en visite en Algérie. Elles ont été bloquées par les forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogènes.

(Benjamin Illy / Radio France)

L'ancien Premier ministre François Fillon, candidat à l'investiture à droite pour la présidentielle de 2017, a jugé que la poursuite de "Nuit debout", qui dépasse désormais la seule opposition au projet de réforme du Code du travail, "n'était pas compatible avec l'état d'urgence". François Vauglin, maire socialiste du XIe arrondissement de Paris, où se déroule "Nuit debout", s'est prononcé pour sa part pour l'évacuation de la place de la République. Nathalie Kosciusko-Morizet, estime au contraire dans Le Journal du Dimanche qu"'il faut aller place de la République". "La droite comme la gauche se trompe sur ce mouvement, (...) c'est une génération qui se pose des questions". La ministre de l'Environnement Ségolène Royal a défendu dimanche l'initiative "de jeunes très paisibles, constructifs" lui rappelant son concept de "démocratie participative".

(© Benjamin Illy / Radio France)
 

Vous êtes à nouveau en ligne