La justice donne raison à un marchand d'art suisse accusé d'escroquerie par le patron de l'AS Monaco

 Dmitri Rybolovlev, le patron de l\'AS Monaco, à Paris, le 21 avril 2019. 
 Dmitri Rybolovlev, le patron de l'AS Monaco, à Paris, le 21 avril 2019.  (MUSTAFA YALCIN / AFP)

En 2015, Dmitri Rybolovlev a accusé le marchand d'art Yves Bouvier de l'avoir escroqué d'environ un milliard de dollars en lui revendant des tableaux de maître avec des marges exorbitantes.

Un revers pour le patron de l'AS Monaco. La cour d'appel de la Principauté a annulé, jeudi 12 décembre, la procédure visant le marchand d'art suisse Yves Bouvier visé depuis 2015 par une plainte pour escroquerie déposée par Dmitri Rybolovlev. Le milliardaire russe, également patron du club de football de l'AS Monaco, accuse Yves Bouvier de l'avoir escroqué d'environ un milliard de dollars en lui revendant des tableaux de maîtres avec des marges exorbitantes.

Van Gogh, Picasso, Modigliani, Matisse, Léonard de Vinci... Dmitri Rybolovlev avait mandaté Yves Bouvier pour lui acheter des toiles de maîtres entre 2003 et 2015 et investir avec ses sociétés dans une collection digne d'un petit musée. Or, selon les avocats du milliardaire, Yves Bouvier aurait d'abord négocié les oeuvres au meilleur prix pour son propre compte, avant de les revendre à un prix supérieur aux sociétés de Dmitri Rybolovlev.

"Escroquerie gigantesque"

"Dupées par ce stratagème frauduleux, les sociétés de la famille Rybolovlev lui ont versé, pendant plus de dix ans, des centaines de millions d'euros indus", affirment-ils. "Monsieur Bouvier aurait bien tort de se réjouir car cela n'affecte en rien le fond de l'escroquerie gigantesque qui lui est reprochée", a réagi jeudi auprès de l'AFP Hervé Temine, l'un des avocats de Dmitri Rybolovlev. Le milliardaire va se pourvoir devant la Cour de révision de la Principauté, équivalent de la Cour de cassation en France.

Pour Yves Bouvier, inculpé début 2015 pour "escroqueries" et "complicité de blanchiment d'escroquerie", la plainte n'avait aucune raison d'atterrir sur le bureau d'un juge à Monaco où aucune transaction selon lui n'a eu lieu, ni aucun tableau n'a été livré ni présenté ou accroché. Pour son avocat, Franck Michel, il s'agit d'une "fausse accusation" pour abattre économiquement Yves Bouvier et nuire à son activité. 

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