La fin des débats à l'audience

L\'ex-PDG du groupe Total arrive à Toulouse pour son audition devant le tribunal (10-6-09)
L'ex-PDG du groupe Total arrive à Toulouse pour son audition devant le tribunal (10-6-09) (© AFP - Pascal Pavani)

Le tribunal correctionnel de Toulouse a clos jeudi les débats à l'audience dans le procès de la catastrophe

Le tribunal correctionnel de Toulouse a clos jeudi les débats à l'audience dans le procès de la catastropheLe tribunal correctionnel de Toulouse a clos jeudi les débats à l'audience dans le procès de la catastrophe

Les plaidoiries débuteront mardi 16 juin par celles des avocats de la partie civile.

La catastrophe de l'usine AZF à Toulouse avait fait 31 morts et des milliers de blessés en septembre 2001.

Jeudi 11 juin, les prévenus, l'ex-directeur de l'usine Serge Biechlin et Grande Paroisse (filiale chimie de Total), ont été soumis à un interrogatoire récapitulatif, sans apporter de nouveaux éléments.
Le président du tribunal Thomas Le Monnyier a particulièrement insisté sur la filière de traitement des déchets, une mission confiée à une entreprise sous-traitante.

Pour les experts judiciaires, des déchets comportant du DCCNa (chlore pour piscines) ont été malencontreusement déversés sur un tas de nitrate d'ammonium (engrais ou explosif industriel) dans le hangar 221 de l'usine, deux produits notoirement incompatibles car détonnant au contact l'un de l'autre.

"La solution proposée par les experts est fausse. Nous ne savons ce qui s'est passé le 21 septembre 2001", a déclaré Serge Biechlin.
Près de huit ans après les faits, le clan Biechlin-Grande Paroisse-Total dit ne pas connaître l'origine de l'explosion. Il rejette la thèse de l'accident chimique par négligence, émise par les experts. "Les experts ont voulu venir au procès avec une solution, mais c'est un mécano improbable", a martelé Daniel Grasset, directeur général de GP.

Pour sa part, le directeur assurance du groupe Total, Gérard Naisse, a souligné que "les assureurs étaient satisfaits de la qualité des risques (au sein de l'usine AZF), tellement satisfaits qu'ils acceptaient de couvrir ces risques".

Mercredi, les prévenus Thierry Desmarest, PDG de Total en 2001, et la personne morale Total, représentée par Jean-Jacques Guilbaud, directeur général du groupe, avaient souligné qu'ils ne pouvaient pas être mis en cause. Les sous-filiales comme AZF jouissaient alors d'une autonomie de fonctionnement, ont-ils fait valoir.

A la suite d'une citation directe de plusieurs parties civiles, Total est au rang des prévenus, de même que Thierry Desmarest. Le tribunal tranchera à la fin de procès sur la responsabilité pénale de ce dernier et de la compagnie pétrolière.

Après les plaidoiries de la partie civile (du 16 au 23 juin), le procureur livrera son réquisitoire le 24 juin, puis les avocats de la défense plaideront du 25 au 29 juin. Le procès, qui a débuté le 23 février, doit se terminer le 30 juin par une audience consacrée aux intérêts civils.