La famille d'un otage du Sahel porte plainte pour obtenir des informations

Des proches de Pierre Legrand, retenu en otage au Sahel, manifestent à Nantes, le 1er juin 2013.
Des proches de Pierre Legrand, retenu en otage au Sahel, manifestent à Nantes, le 1er juin 2013. (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

Le père et le frère de Pierre Legrand, capturé au Niger le 16 septembre 2010, ont déposé une plainte pour enlèvement et séquestration, et mise en danger de la vie d'autrui.

Pierre Legrand est en captivité au Sahel depuis plus de mille jours. Sa famille a décidé, vendredi 21 juin, de porter plainte auprès de la justice française. Le père et le frère de Pierre Legrand, capturé au Niger le 16 septembre 2010 et détenu depuis avec trois autres otages par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), ont porté plainte pour enlèvement et séquestration, et mise en danger de la vie d'autrui.

La plainte contre X, avec constitution de partie civile, vise à obtenir des informations sur sa détention, mais aussi à dénoncer de possibles manquements à la sécurité d'Areva et d'une filiale de Vinci, Sogea-Satom, pour laquelle travaillait l'otage français.

"Des progrès insignifiants"

"Depuis 1 000 jours, les progrès sont insignifiants, nous ne voulons pas nous reprocher de n'avoir rien fait, nous voulons comprendre", a dit son père, Alain Legrand. "Dans un premier temps on nous a conseillé le silence, nous avons toujours été dans la retenue, mais au bout de trois ans, ça suffit", a-t-il ajouté.

La plainte, pour enlèvement et séquestration aggravés en lien avec une entreprise terroriste, atteintes volontaires à l'intégrité physique et mise en danger de la vie d'autrui, devrait aboutir à la désignation d'un juge d'instruction. Suite aux enlèvements, une enquête préliminaire avait été ouverte le 22 septembre 2010 par la section antiterroriste du parquet de Paris.

Pierre Legrand a été enlevé avec d'autres Français près du site d'extraction d'uranium d'Arlit au Niger, exploité par Areva. L'employeur de l'otage a mis en place "des mesures de sécurité insuffisantes compte tenu du contexte ambiant dans le nord du Niger en septembre 2010, et ce depuis quelques années", selon la plainte déposée par l'avocat de la famille, Me Olivier Morice.

Des rassemblements simultanés en France

La plainte cite en particulier une lettre du préfet d'Arlit, adressée au responsable de la Satom à Arlit, deux semaines avant les enlèvements, selon laquelle "la menace du groupe Aqmi est à prendre au sérieux car un tel contexte est favorable à toutes les actions crapuleuses".

"Areva et Vinci ont manqué aux obligations générales et particulières de sécurité", a dénoncé Me Morice. Selon la plainte, "la sécurité du personnel était, semble-t-il pour de pures questions budgétaires, assurée par des gardes d'une société de sécurité privée non armés, Areva ayant refusé le soutien de la milice nigérienne malgré la proposition des autorités deux mois avant la prise d'otage".

Les proches des otages organisent ce samedi des rassemblements simultanés à 11 heures à Paris, Aix-en-Provence, Saint-Céré (Lot), Valence, Nantes, Nîmes et Orléans.

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