La famille d'un mort de l'uranium fait condamner Areva pour "faute inexcusable"

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Le tribunal des affaires de Sécurité sociale (TASS) de Melun reconnaît la "faute inexcusable" d'Areva après la mort d'un ex-salarié d'une mine d'uranium au Niger. Âgé de 59 ans, il avait succombé à un cancer du poumon.

Areva, le géant
français du nucléaire, est condamné à verser plus de 200.000 euros de dommages
et intérêts à la famille de la victime. Et la rente accordée à la veuve de Serge
Venel sera doublée.

Le tribunal des affaires de Sécurité sociale (TASS) de Melun reconnaît la "faute
inexcusable" d'Areva dans cette affaire.

Serge Venel est mort en juillet 2009, à 59 ans, d'un cancer du poumon. "Quand mon père a vu le
pneumologue en mars 2009, il a tout de suite dit que ce n'était pas la
cigarette qui était la cause du cancer, mais bel et bien l'inhalation de
poussières d'uranium
", avait expliqué à la sortie de l'audience
sa fille Peggy.

Maladie professionnelle reconnue

De son côté, Areva avait tenté de rejeter la responsabilité sur la société Cominak, l'employeur "officiel" de la victime. Une société dans laquelle le groupe français "n'a pas une action",  avait expliqué l'avocat d'Areva au cours de l'audience.

Mais la Sécurité sociale avait reconnu
la maladie professionnelle de Serge Venel durant sa période de travail au
Niger, dans cette mine d'extraction d'uranium qui fournissait Areva. "La
Caisse primaire d'assurance maladie avait adressé ses conclusions à Areva,
considérant donc qu'Areva est l'employeur",
avait ajouté Me Jean-Paul
Teissonnière, l'avocat de la famille Venel.
Ce sont ces arguments que le TASS aura retenus.