La douane saisit 90 000 jouets contrefaits en Seine-Saint-Denis : "Cette opération a eu lieu en deux phases"

Les douaniers ont intercepté 90 000 jouets de contrefaçon.
Les douaniers ont intercepté 90 000 jouets de contrefaçon. (CAPTURE D'ÉCRAN YOUTUBE / DOUANETV)

Une unité de la douane a réalisé fin septembre la saisie de 90 000 jouets contrefaits dans un entrepôt de Villetaneuse. Le responsable de l'opération explique comment ils ont remonté la trace de la marchandise.

Fin septembre, une unité des douanes en charge de la lutte contre la criminalité asiatique a saisi près de 90 000 jouets de contrefaçon, pour une valeur d'un million d'euros, dans un entrepôt de Villetaneuse. Le chef de cette opération a détaillé mercredi 31 octobre à franceinfo les coulisses de ce dispositif.

franceinfo : Comment avez-vous découvert l'entrepôt ?

L'enquête a démarré sur des contrefaçons de chaussures, et c'est en effectuant un contrôle sur un entrepôt de chaussures qu'on a découvert qu'il était partagé avec un autre entrepôt de jouets, sur lequel le nom de la société n'apparaissait pas. Cette opération a eu lieu en deux phases, une première début août, où on a détecté l'entrepôt clandestin avec des jouets, et ensuite le gros de la saisie qui s'est déroulée fin septembre dans le nord de la Seine-Saint-Denis. La société de l'entrepôt, elle, était basée à Aubervilliers. Beaucoup de ces marchandises se destinaient à être vendues sur les marchés et dans le métro, et une partie allait également partir dans les fêtes foraines, pour les lots.

A-t-on affaire à un réseau criminel ?

À priori oui, car c'est quelqu'un qui est vraiment spécialisé dans ce type de produits. En termes de chiffres, on est aux alentours du million d'euros, mais c'est une goutte d'eau par rapport à ce qui a déjà été importé. On est intervenu sur un entrepôt plein à cause des fêtes à venir, mais on était déjà intervenu lors d'un contrôle en 2013 et il y avait du stock, donc on peut imaginer que c'est quelque chose de très récurrent. Les commandes sont faites auprès de différents fournisseurs chinois. Ensuite, un exportateur s'occupe de rassembler les commandes et de préparer les conteneurs, toujours en Chine. Ils sont ensuite livrés en Europe, par différents ports, rarement en arrivant directement en France car on fait beaucoup de contrôles. Souvent, les documents de douane déposés sont au nom de fausses sociétés, de manière à ce qu'on ne puisse pas savoir où ils vont, et ensuite les marchandises prennent des chemins de détour pour arriver à l'entrepôt final.

Maintenant, que reste-t-il à faire ?

On travaille maintenant sur le deuxième volet du dossier, le blanchiment de l'argent, car la contrebande génère des fonds, généralement en espèces, et il faut trouver des moyens ensuite de réexporter ces fonds en Chine. Pour ce faire, on analyse les comptes bancaires, les voyages… On utilise les méthodes de renseignement habituelles, c’est-à-dire surveillance, visites au moment des livraisons, et puis on a un très gros réseau d'information européen que l'on utilise pour savoir où, quand, à quelle heure, vont se trouver les marchandises, pour se trouver au bon endroit. Et puis ensuite, on fait des auditions, des perquisitions.

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