L'ex-maire de Clamart jugé pour corruption

(Philippe Kaltenbach, sénateur PS des Hauts-de-Seine et ex-maire de Clamart © Maxppp)

Philippe Kaltenbach, ex-maire PS de Clamart et sénateur des Hauts-de-Seine, est jugé ce vendredi pour corruption passive devant le tribunal de Nanterre. Il est accusé d'avoir reçu de l'argent liquide en échange d'un logement social. La séquence avait été filmée et diffusée sur le web. La défense invoque une "manipulation politique".

"On verra ce soir " : ce sont les seuls mots de Philippe Kaltenbach, ex-maire de Clamart et sénateur PS des Hauts-de-Seine, en ouverture de son procès pour "corruption passive" au tribunal correctionnel de Nanterre. L'élu n'a souhaité faire aucune déclaration préliminaire et la présidente, Isabelle Prévost-Desprez, s'est attaquée à la lecture du dossier complexe et riche en contradictions.

Echange filmé d'argent liquide

Sur le banc des prévenus, Philippe Kaltenbach retrouve l'homme qui l'a fait tomber, qui, lui, est jugé pour corruption active : son ancien adjoint à la sécurité, Mohamed Abdelouhaed. C'est lui qui a tourné en caméra cachée la vidéo dans laquelle on peut voir Philippe Kaltenbach accepter 1.000 euros en liquide tout en semblant discuter de l'attribution d'un logement à une tierce personne.

Mohamed Abdelouhaed a diffusé cette vidéo, ainsi qu'une autre, en 2012 sur Internet en plus d'alerter un des adversaires politiques du sénateur-maire : Philippe Pemezec, maire Les Républicains du Plessis-Robinson, commune limitrophe de Clamart. Il était à la recherche de preuves car depuis l'année précédente, il accusait Philippe Kaltenbach de corruption dans l'attribution des logements sociaux et avait signalé ses soupçons au procureur. Une enquête avait lors été ouverte.

 

10 ans de prison encourus

Philippe Kaltenbach se dit soulagé de ce procès et affirme avoir "la certitude de démontrer son innocence ". Son avocat dénonce une "manipulation politique ". Philippe Kaltenbach accuse le maire du Plessis-Robinson d'avoir monté la machination et d'être le commanditaire des vidéos. Quant à l'argent liquide échangé dans les vidéos, il assure qu'il s'agissait du remboursement d'un prêt consenti à son ancien adjoint, qui connaissait des difficultés financières, ce que ce dernier nie.

Mohamed Abdelouhaed souligne pour sa part qu'il a joué ce rôle pour démontrer la corruption précisément. Une "démarche constructive ", plaide son avocat : "Mohamed Abdelouahed a concouru à l'identification des auteurs de corruption. Or, c'est la définition exacte du repenti, pour lequel la loi prévoit que sa peine soit atténuée ou dispensée ", a-t-il ajouté avant l'ouverture des débats. Les deux hommes risquent jusqu'à 10 ans de prison et 150.000 euros d'amende. Le procès se poursuivra jusqu'à vendredi.