VIDEO. Huit ans après, Jérôme Kerviel revient à La Défense pour "Complément d'enquête"

Huit ans après, Jérôme Kerviel revient à La Défense pour "Complément d'enquête". Sur le parvis, dans les fauteuils rouges de l'émission, l'ancien trader a répondu aux questions de Nicolas Poincaré après la rediffusion d'un document sur l'affaire qui l'oppose à la Société générale.

Depuis huit ans, c'est la première fois que Jérôme Kerviel revient à La Défense. Après la rediffusion d'un document de "Complément d'enquête" sur l'affaire qui l'oppose à la Société générale, l'ancien trader a répondu aux questions de Nicolas Poincaré. Les fauteuils rouges de l'émission étaient installés sur le parvis, tout près de la tour qui abrite, au 7e étage, la fameuse salle des marchés…

Huit longues années pendant lesquelles Jérôme Kerviel, accusé d'avoir fait perdre à la banque qui l'employait presque 5 milliards d'euros, a enchaîné les défaites judiciaires, est passé par la case prison et la "mort sociale", selon ses termes, avec ces 4,9 milliards de dommages et intérêts à verser à la Société générale...

"Les choses avancent dans le bon sens"

Aujourd'hui, "les choses avancent dans le bon sens" pour l'ex-trader. Certes, il reste coupable aux yeux de la justice, mais le 7 juin 2016, c'est la Société générale qui a été condamnée par les prud'hommes de Paris à lui verser 450 000 euros pour licenciement "sans cause réelle et sérieuse". Second coup de théâtre le 17 juin : en appel, le parquet requiert l'annulation des dommages et intérêts. La cour tranchera le 23 septembre. 

Kerviel pourrait donc ne pas avoir à payer les 4,9 milliards d’euros que lui réclame la banque, et qui faisaient de lui "l'homme plus endetté du monde"…"Une surprise agréable, mais le combat continue" : l'ex-trader réclame "la vérité judiciaire", "une vraie enquête" et "une expertise des comptes de la Société générale". Selon lui, "la banque n'a pas perdu d'argent, mais en a même gagné".

"Ça durera dix ou vingt ans s'il le faut"

"La fable selon laquelle ils n'ont rien vu ne marche pas" : ses supérieurs savaient, maintient Jérôme Kerviel. Avec son avocat David Koubbi, il tente d'obtenir une révision du procès, sur la base notamment de l'entregistrement d'une magistrate du parquet de Paris "disant que les avocats de la Société générale ont truqué le dossier".

"Habité par l'affaire vingt-quatre heures sur vingt-quatre", Kerviel se dit prêt à se battre "dix ans, vingt ans s'il le faut". Quant au film L'Outsider de Christophe Barratier (inspiré de son livre L'Engrenage) qui vient de sortir sur cette affaire sans fin, il l'a trouvé "très bon".

Interview diffusée dans "Complément d'enquête" le 30 juin 2016, à la suite de "Kerviel : au cœur du mensonge", un document de Samuel Humez et Mathieu Niewenglowski.

Vous êtes à nouveau en ligne