Invitation à témoigner : un second huissier admis à l'Elysée

(CB Radio France)

Un second huissier a remis vendredi à l'Elysée une invitation à témoigner pour François Hollande. Il s'agit cette fois du procès de Gérard Dalongeville, ancien maire PS d'Hénin-Beaumont mis en cause pour fausses factures présumées. Jeudi, un autre huissier a remis une invitation du même type pour le procès de René Teulade, ex-député suppléant de François Hollande en Corrèze accusé d'avoir bénéficié d'avantages abusifs.

Depuis le début de la semaine, les huissiers se pressent à la porte de l'Elysée. Tout d'abord dans l'affaire Teulade, l'un d'entre eux a du s'y prendre à deux fois avant de pouvoir transmettre aux services de François Hollande une "invitation" à témoigner. Après un premier échec lundi, l'invitation a finalement franchi la porte de l'Elysée jeudi. René Teulade, ex-député suppléant de François Hollande en Corrèze, est accusé d'avoir bénéficié d'avantages abusifs.

Le même scénario s'est produit dans le dossier Gérard Dalongeville, l'ancien maire d'Hénin-Beaumont, appelé à comparaître prochainement devant la justice pour "détournement de fonds publics". Un huissier s'est présenté jeudi à l'Elysée. Et là, même scénario que dans le dossier Teulade. L'homme a été refoulé et invité à reprendre rendez-vous vendredi avec le commandant militaire de l'Elysée. Finalement il a pu remettre l'inviation vendredi matin.

Un même avocat dans les deux dossiers

Dans ces deux dossiers, "l'Elysée fait pression sur les huissiers pour les  empêcher de venir ", a estimé Maître Francis Terquem. A noter que cet avocat se trouve être à la fois celui de Gérard Dalongeville et celui des parties civiles dans le dossier René Teulade. "Rien n'interdit à un citoyen de demander à un président de la République de témoigner à un procès. On l'appelle citation, invitation... Ou il accepte ou il n'accepte pas ", explique-t-il.

Dans les deux cas, le président de la République devrait décliner ces "invitations". Il "ne pourra pas déférer aux actes qui ont été délivrés , a déclaré la présidence, invoquant l'article 67 de la Constitution
selon lequel le chef de l'Etat "ne peut, durant son mandat et devant aucune  juridiction ou autorité administrative française, être requis de
témoigner
".

Pour le procès Teulade, qui doit démarrer le 15 mai, François Hollande a fait savoir jeudi qu'il était prêt à "contribuer" au travail de la justice. Mais la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem a précisé que ça ne passait pas forcément par un témoignage à l'audience. Pour l'affaire Dalongeville, on ne connaît pas encore la position du chef de l'Etat.

Dans les deux cas, il s'agit de dossiers politiquement embarassants pour lui. René Teulade, ex-député suppléant de François Hollande en Corrèze, est accusé d'avoir bénéficié d'avantages abusifs au détriment d'une mutuelle et de ses adhérents. Gérard Dalongeville, de son côté, soutient que les détournements dont il se serait rendu coupable ont servi au financement occulte de la fédération PS du Pas-de-Calais.

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