Huit ans après, le procès de l'incendie de l'hôtel Paris-Opéra

(HO/AP/SIPA)

Le tribunal correctionnel de Paris s'intéresse à partir de ce jeudi au terrible incendie de l'hôtel Paris-Opéra, en 2005, qui avait fait 24 morts et attiré l'attention sur le sort de ces occupants, en majorité étrangères, en difficulté logées dans des établissements sociaux de la capitale dans des conditions précaires. Huit ans après, le drame est encore dans toutes les têtes.

15 avril 2005, peu après deux heures du matin. Une odeur de fumée envahit les couloirs et les chambres de l'hôtel Paris-Opéra, incommodant rapidement les 82 occupants, dans un établissement à la capacité d'accueil fixée à 62 places. Arrivés sur place, les pompiers découvrent des scènes d'horreur, des hommes et des femmes paniqués, certains se jetant par les fenêtres. Le bilan est terrible : 24 morts, dont onze enfants, et 42 blessés.

Huit ans après, le procès s'ouvre enfin ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris. A l'époque, l'incendie, suivi d'une série incroyable d'événements similaires, avait attiré l'attention sur la vétusté de nombreux établissements parisiens accueillant des personnes logées par les organismes sociaux. Le traumatisme est tel que les pouvoirs publics réfléchissent ensuite au renforcement des normes anti-incendie dans les hôtels.

Quatre prévenus à la barre

Dans cet établissement parisien, toutes les familles, étrangères, avaient été installées sur décision du Samu social. L'enquête a montré, clairement, que la sur-occupation des lieux avait aggravé le bilan.

A la barre, quatre prévenus. Le couple de gérants de l'hôtel d'abord, qui "ne comprennent pas " les poursuites selon leur avocat, Maître Romain Boulet. Le veilleur de nuit et sa petite amie, ensuite. Lui avait consommé de l'alcool et de la cocaïne la nuit du drame ; elle, énervée contre lui, avait par inattention jeté ses vêtements par terre, sur une bougie mal éteinte. Les gérants risquent cinq ans de prison, le veilleur de nuit et sa petite amie, trois ans.

Pouvoirs publics et services sociaux absents

Au grand dam des victimes, les pouvoirs publics et les organismes sociaux n'auront pas à venir au procès. Pour Aomar Ikhlef, vice-président de l'association des victimes, même si "des choses ont changé ", les hôtels sociaux restent trop souvent mal encadrés par les pouvoirs publics.

En attendant, les victimes espèrent bien pendant le procès faire entendre leur voix, pour certains encore traumatisée par les faits. Les débats doivent durer jusqu'au 22 novembre prochain.