Les avocats interpellent les candidats à l'élection présidentielle

Le Conseil national des barreaux interpellent les candidats à la présidentielle en 2017. Photo d\'illustration.
Le Conseil national des barreaux interpellent les candidats à la présidentielle en 2017. Photo d'illustration. (VINCENT KESSLER / REUTERS)

Le Conseil national des barreaux, qui représente 65 000 avocats français, adresse un questionnaire aux candidats à la présidentielle pour que ces derniers précisent leur programme en matière de justice.

Ils ont jusqu'au 10 mars pour répondre. Les candidats à l'élection présidentielle ont tous reçus un questionnaire de la part du Conseil national des barreaux (CNB), qui représente les 65 000 avocats français. Des questions et des propositions, rendues publiques le 22 février, pour que chacun puisse préciser son programme en matière de justice. La profession déplore le peu de place accordée à la justice, dans cette campagne présidentielle.

Les candidats "auraient tort de négliger la justice"

Pour le CNB, "il y a une pauvreté du débat en matière de justice" dans cette campagne. Un constat à la fois étonnant et compréhensible selon le conseil. Compréhensible parce que c'est une question délicate, et les candidats ne souhaitent pas aborder des sujets trop sensibles, selon les avocats. Et un constat étonnant car la justice est l'un des piliers de notre société, rappelle Pascal Eydoux, le président du CNB : "Ce que nous voulons dire aux candidats, c'est qu'ils auraient tort de négliger la justice et qu'il serait temps qu'ils recréent un lien social dans notre société, qui est fracturée, en se rappelant que le droit est un facteur de régulation sociale et économique."

Maintenir la France au sein de la CEDH

Une justice délaissée par les candidats, mais aussi mise en cause par des certains comme François Fillon et Marine Le Pen, inquiétés par des enquêtes judiciaires. L'affaire Pénélope pour le premier, celle des assistants parlementaires pour la seconde. "S'ils sont les premiers à considérer que cette autorité judiciaire transgresse les règles et qu'elle ne peut pas leur poser des questions, alors ils se trompent et ils donnent à tous nos co-citoyens, une très mauvaise image et une très mauvaise conception de la justice", affirme Pascal Eydoux. Le président du CNB demande également aux candidats de s'engager à maintenir la France au sein de la Cour européenne des droits de l'homme. François Fillon, le candidat Les Républicains, a déjà menacé de la quitter, après des décisions rendues par la CEDH, sur la gestation pour autrui.

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