François Hollande dénonce l'"échec" de la politique de Nicolas Sarkozy sur la sécurité

François Hollande, candidat PS à la Présidentielle.
François Hollande, candidat PS à la Présidentielle. (PIERRE ANDRIEU / AFP)

Le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande, a estimé mardi 29 novembre, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), que la politique menée par Nicolas Sarkozy sur la sécurité depuis dix ans se soldait par un "constat d'échec".

Le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande, a estimé mardi 29 novembre, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), que la politique menée par Nicolas Sarkozy sur la sécurité depuis dix ans se soldait par un "constat d'échec".

Interrogé par des journalistes en marge du Salon Pollutec, un salon sur l'environnement, après deux faits divers sanglants survenus dimanche et lundi à Marseille, M. Hollande s'est dit "préoccupé, pour ne pas dire alarmé, par la recrudescence des violences, l'intensité des délits et des crimes qui se commettent".

"Autant de coups d'éclat que de faits divers"

"C'est un nouveau constat d'échec d'une politique menée depuis dix ans par (...) la même personnalité, car elle n'a pas fait preuve de l'autorité qui était attendue, de la cohérence et de la constance" nécessaires, a-t-il déclaré. "Nous étions déjà, avec les chiffres du chômage, confrontés à l'échec" de la politique de Nicolas Sarkozy. "Nous le sommes également sur le terrain de la sécurité", a-t-il ajouté.

Les policiers sont-ils assez nombreux ? "C'est une question de cohérence dans le déploiement des effectifs, une question de priorité par rapport au
démantèlement des trafics, une question de confiance par rapport à ceux qui servent les métiers de la sécurité, pas simplement des coups d'éclat. Il y a eu autant de coups d'éclat que de faits divers", a-t-il estimé.

M. Hollande promet" une politique dans la durée"

Quand "il y a eu autant de suppressions de postes de policiers et de gendarmes, autant de déserts créés dans certains quartiers de nos villes, il y a forcément des conséquences", a-t-il regretté assurant que, s'il était élu, il serait "constant dans l'effort" et qu'une politique serait "menée dans la durée".

A ses yeux, le président Sarkozy est "l'homme de trois records: records de l'insécurité violente, record de la dette publique et record du déficit commercial".

M. Badinter dénonce "une imposture" des chiffres

L'ancien ministre de la Justice Robert Badinter a lui aussi dénoncé mardi matin comme "une imposture" la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy et "l'exploitation" des chiffres de la délinquance "depuis dix ans".

"Le ministre de l'Intérieur [Claude Guéant] nous dit que la délinquance a reculé pour la neuvième année consécutive dans notre pays, c'est une imposture", a-t-il lancé. Même accusation à propos du nombre de victimes : "500 000 tous les ans à les en croire". "Ce sont des victimes virtuelles pour lesquelles nous n'avons aucune explication", a-t-il affirmé.

M. Badinter, également ancien sénateur socialiste, s'exprimait lors de la présentation, à Paris, d'un rapport sur la sécurité rédigé par la Fondation Terra Nova, un centre de réflexion proche du PS.

Ce rapport met en cause l'arsenal législatif mis en oeuvre par M. Sarkozy comme ministre de l'Intérieur puis comme président, des "habillages et des artifices" pour plusieurs d'entre eux, a fait valoir l'une des magistrates signataire du rapport, Valérie Sagant.

"Le sarkozysme pénal est escalade"

"27 faits divers, 27 lois", a assuré un autre magistrat, Benoist Hurel, citant 144 interpellations "seulement" dans le cadre de la loi sur les rassemblements illicites dans les halls d'immeubles.

"C'est la rhétorique du conditionnement, les discours forts génèrent des lois dont l'échec génère une demande de législation plus forte, le sarkozysme pénal est une escalade", a expliqué ce magistrat.

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