Fausse affaire d'espionnage : Renault avait envisagé le suicide de ses cadres

Le siège de Renault, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), en mars 2011.
Le siège de Renault, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), en mars 2011. (ERIC PIERMONT / AFP)

La direction du groupe avait fait rédiger des communiqués pour réagir à l'éventuel suicide de l'un des trois cadres accusés à tort d'espionnage industriel, en janvier 2011.

JUSTICE - Ce sont des e-mails embarrassants pour la direction de Renault. Le juge chargé de l'enquête sur la fausse affaire d'espionnage qui a secoué le constructeur en 2011 s'est procuré des échanges de courriers électroniques au sein du service de communication du groupe. Selon Le Parisien et France Info, qui révèlent ces informations, la direction de Renault avait anticipé l'éventualité que les trois cadres, accusés à tort d'espionnage et mis à pied en janvier 2011, puissent se suicider. Le groupe avait même écrit à l'avance les communiqués de presse pour s'émouvoir de ces suicides qui ne se sont jamais produits.

"Des éléments de langage pour répondre aux journalistes"

Un document publié par France Info reproduit des ébauches de communiqués imaginées par Renault en cas de suicide ou de tentative de l'un des trois cadres accusés, dans lesquelles l'entreprise se dit soit "profondément ébranlée par la gravité de ce geste" (option 1, en cas de tentative de suicide), soit "par ce drame" (option 2, en cas de suicide).

Contactée par Le Parisien, Frédérique Le Grèves, qui était à l'époque directrice de la communication du groupe, reconnaît avoir demandé à ses services de préparer ces projets de communiqués. "C'était de l'anticipation pure, des éléments de langage pour être prêt à répondre aux journalistes", a déclaré celle qui est désormais chef de cabinet de Carlos Ghosn, le PDG de Renault.

Dans l'enquête sur la tentative d'escroquerie au renseignement menée par le juge Hervé Robert, deux anciens cadres du service de sécurité de Renault sont mis en examen. Ils sont soupçonnés d'avoir fait accuser à tort d'espionnage industriel les trois cadres de Renault, qui avaient été licenciés en janvier 2011 avant d'être innocentés. Cette affaire avait abouti à la démission du numéro deux de Renault, Patrick Pélata, au débarquement de six autres responsables, et à l'indemnisation des trois cadres licenciés à tort.

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