Examen de l'organisation du travail à AZF

Le tribunal s'est penché sur l'organisation du travail et des productions de l'usine chimique avant la catastrophe

Le tribunal s'est penché sur l'organisation du travail et des productions de l'usine chimique avant la catastropheLe tribunal s'est penché sur l'organisation du travail et des productions de l'usine chimique avant la catastrophe

Serge Biechlin, directeur de l'usine au moment de l'explosion, a détaillé le fonctionnement de la production de composés azotés de l'usine, qui fournissait l'agriculture en engrais et l'industrie en composants d'explosifs utilisés dans les carrières.

Ces composés azotés peuvent exploser au contact de composés chlorés, également produits dans l'usine

Les experts judiciaires ont estimé qu'un mélange de ce type avait provoqué un accident chimique sur le site, thèse que rejette la direction de l'usine et son propriétaire, Grande Paroisse, filiale de Total.

Vendredi, le président du tribunal a montré des photos de l'usine démontrant selon lui "un certain nombre de défaillances", comme un barbecue en flammes dans une zone de l'usine où il est interdit de fumer et des produits chimiques déversés au sol.
"Des incidents, rien de choquant dans une usine où on produit 850 tonnes d'amonitrates par jour", a répondu M. Biechlin qui s'est longtemps exprimé.
"En août 2001, a-t-il souligné, le CHSCT (Comité hygiène sécurité, conditions de travail) ne considérait pas le hangar 221 comme un bâtiment à risques".

Stanislas Petrikowski, cadre en charge de l'entretien et de la maintenance sur le site, a rappelé que tout avait été mis en oeuvre pour "éviter le croisement de nitrates et de produits chlorés".

Jeudi, un représentant de la CGT avait dit à l'audience que "les raisons de cette catastrophe (étaient) la politique de Total, donc de Grande Paroisse, filiale à 100% en matière d'organisation du travail, où seule prime la rentabilité, avec pour conséquences les suppressions d'emplois, la sous-traitance et la précarité à outrance".
Pascal Tailleux, délégué syndical central CGT de GPL (Grande Paroisse), a mis en cause "les politiques à risques menées par Total et sa filiale Grande Paroisse" qui, selon lui, ont "créé les conditions pour aboutir aux conclusions retenues par l'enquête".

Le directeur de l'usine, Serge Biechlin, et Grande Paroisse, filiale de Total qui produit des engrais chimiques, étaient les seuls à comparaître à l'ouverture du procès en correctionnelle le 23 février. Total et son ex-PDG, Thierry Desmarest, ont depuis été placés au rang des prévenus mais ne devraient comparaître qu'en juin devant le tribunal.