Enfants britanniques déportés au Commonwealth : ouverture d'une enquête publique

Beaucoup d\'enfants ont servi de main d’œuvre dans des conditions proches de l’esclavage, notamment dans des fermes, par exemple au Canada ou en Australie (ici, une ferme abandonnée de l\'Ouest australien).
Beaucoup d'enfants ont servi de main d’œuvre dans des conditions proches de l’esclavage, notamment dans des fermes, par exemple au Canada ou en Australie (ici, une ferme abandonnée de l'Ouest australien). (PAUL MAYALL / PICTURE ALLIANCE)

Pendant des décennies, des milliers d'enfants britanniques pauvres ont été envoyés vers des pays du Commonwealth où beaucoup y ont subi violences et agressions sexuelles. Une enquête publique s'est ouverte lundi à Londres pour faire la lumière sur ce scandale.

Ils étaient orphelins, ou issus de familles pauvres. Ils avaient entre 3 et 14 ans. Des années 1920 aux années 1970, ce sont près de 150 000 enfants qui ont été envoyés par le Royaume-Uni vers les pays du Commonwealth, surtout des anciens territoires de l'Empire britannique, pour officiellement "y vivre une vie meilleure". Beaucoup d'entre eux ont en fait servi de main d’œuvre dans des conditions proches de l’esclavage.

L'enquête devrait durer cinq ans

Une enquête publique s’est ouverte lundi, à Londres. Elle devrait durer 5 ans et permettre de faire la lumière sur les conditions dans lesquelles ces enfants ont été envoyés à l’étranger par des organisations caritatives et sur les abus, y compris sexuels, qu’ils ont subis. "Les enfants étaient envoyés en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Canada, au Zimbabwe, pour peupler l'empire de bons petits Britanniques blancs", explique l'un des avocats. Des enfants frappés, torturés, violés par les prêtres ou les membres des organisations caricatives.

Certains enfants n'avaient pas plus de quatre ans

David Hill a 71 ans aujourd'hui. Il en avait 13 lorsqu'il est arrivé en Australie au milieu des champs. Il raconte, en larmes, que beaucoup étaient beaucoup plus jeunes que lui : "Quelques uns n'avaient pas plus de quatre ans et ne revoyaient jamais leurs parents. Ces enfants les plus jeunes étaient ceux qui étaient le moins protégés et le plus abusés. J'espère que cette enquête va permettre de comprendre les conséquences à long terme et la souffrance de ceux qui ont été abusés sexuellement. Beaucoup ne s'en sont jamais remis et souffrent encore d'un sentiment de culpabilité, de honte et de perte de confiance et d'une mauvaise estime d'eux-mêmes."

Un rapport de 1956 dénonçait déjà des abus

L'avocat qui parle au nom du gouvernement évoque "un profond regret" dans cette enquête qui doit durer cinq ans. Le Royaume-Uni devra notamment expliquer pourquoi malgré un rapport qui, dès 1956, dénonçait des abus, l'envoi d'envoi d'enfants dans les pays du Commonwealth, a continué jusque dans les années 1970.

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