Emplois présumés fictifs : une information judiciaire viserait Guéant et Boutin

(Charles Platiau Reuters)

Les révélations du Canard enchaîné puis du Monde sont confirmées de sources concordantes : une information judiciaire contre X ouverte le 10 mai par le parquet de Nanterre viserait implicitement Claude Guéant et Christine Boutin.

"Trois juges d'instruction ont
été désignés pour instruire une information contre X pour détournement de fonds
publics, complicité et recel",
se borne à confirmer le parquet de
Nanterre.

À l'origine, une enquête de la Brigade financière (BRDE) dont les premières
conclusions ont été publiées par Le Monde
. Claude Guéant, alors secrétaire
général de l'Élysée, aurait favorisé en 2008 l'embauche de Philippe Pemezec au cabinet de
Christine Boutin, ministre du Logement. Le député-maire UMP du Plessis-Robinson
(Hauts-de-Seine) venait de voir son élection en tant que député des
Hauts-de-Seine invalidée. Comme chargé de mission "à l'accession sociale à
la propriété" auprès de Christine Boutin, Philippe Pemezec aurait perçu la
même indemnité — 5.000 euros mensuels — que celle de son mandat de député.

Embauche à la demande de Guéant

Selon le quotidien du soir, cette embauche cacherait un emploi fictif, les
travaux de Philippe Pemezec étant peu concluants. Lors de leurs auditions par
la BRDE, Christine Boutin et son directeur de cabinet auraient déclaré que
l'embauche du maire du Plessis-Robinson avait été demandée par Claude Guéant,
toujours selon Le Monde.

Selon son avocat Me Jean-Yves Dupeux, Claude Guéant, par ailleurs mis en
cause dans l'affaire dite des 500.000 euros
, *"a dirigé M. Pemezec
auprès du ministère du Logement seulement car il était spécialiste des
questions de logement social".

  • Au cabinet du maire du Plessis-Robinson, on affirme que Philippe Pemezec a "fourni
    toutes les preuves de sa production pour sa mission",
    accomplie "dans
    un cadre légitime, en qualité de maire-bâtisseur et ancien rapporteur de la loi
    Anru."
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