EDF relaxé dans l'affaire d'espionnage de Greenpeace

Le site de construction du réacteur nucléaire EPR à Flamanville (Manche), en novembre 2012. EDF était poursuivi pour avoir fait espionner le système informatique de Greenpeace.
Le site de construction du réacteur nucléaire EPR à Flamanville (Manche), en novembre 2012. EDF était poursuivi pour avoir fait espionner le système informatique de Greenpeace. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

En revanche, un ancien cadre du groupe chargé de la sécurité a été condamné à 6 mois de prison.

"La cour d'appel a innocenté totalement EDF." L'avocat du groupe énergétique, Alexis Gublin, s'est félicité, mercredi 6 février, de la décision de la cour d'appel de Versailles (Yvelines), qui a relaxé EDF, soupçonné d'avoir espionné le système informatique de Greenpeace en 2006. Le groupe avait été condamné en première instance à une amende de 1,5 million d'euros.

EDF a toujours soutenu avoir commandé en 2006 à une société d'intelligence économique, Kargus Consultants, une "veille" des actions menées par les écologistes, notamment à proximité de la construction du réacteur nucléaire EPR à Flamanville (Manche). Kargus s'était alors introduit dans l'ordinateur du directeur des campagnes de Greenpeace de l'époque, Yannick Jadot, aujourd'hui député européen (EE-LV).

Greenpeace veut se pourvoir en cassation

Un ancien cadre d'EDF chargé de la sécurité a quant à lui été condamné à six mois de prison. Son avocate a annoncé son intention de former un pourvoi en cassation. "Il fallait un fusible", a-t-elle déploré, dénonçant la "désolidarisation" du groupe, qui a "rejeté l'intégralité de la faute" sur son client.

Un avis partagé par Yannick Jadot. Se disant "totalement sidéré" par cette décision, il estime que la cour a donné "un formidable laissez-passer pour les barbouzeries dans les groupes industriels""Le dossier était totalement écrasant pour EDF : on a retrouvé la copie de mon ordinateur dans un de leurs coffres-forts et le résultat, c'est qu'il y a juste un lampiste qui paie", a déploré l'eurodéputé.

La décision du tribunal "peut avoir des conséquences très graves. Elle revient à autoriser l’industrie nucléaire à enfreindre la loi, la vie privée sur de simples suppositions", commente pour sa part dans un communiqué Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France. L'ONG a demandé au procureur général de la cour d'appel de Versailles de se pourvoir en cassation.

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