Disparues de la gare de Perpignan : une nouvelle victime témoigne

La gare de Perpignan (Pyrénées-Orientales), le 15 septembre 2012, dans le quartier où trois jeunes femmes ont disparu entre 1995 et 1998.
La gare de Perpignan (Pyrénées-Orientales), le 15 septembre 2012, dans le quartier où trois jeunes femmes ont disparu entre 1995 et 1998. (MAXPPP)

Agée de 36 ans, elle a été agressée en mai 1998, à proximité de cette gare. La médiatisation de cette affaire a permis à cette victime de reconnaître le visage de son agresseur, comme le rapporte lundi "Le Parisien".

C'est un nouveau rebondissement dans l'affaire des disparues de la gare de Perpignan (Pyrénées-Orientales). Jacques Rançon a été mis en examen en octobre 2014 pour "viol avec armes en récidive et assassinat" après avoir avoué le meurtre de Mokhtaria Chaïb, 19 ans, en 1997. 

L'homme, confondu par son ADN dix-sept ans après les faits grâce au progrès de la génétique, a également été entendu dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de Marie-Hélène Gonzalez, 22 ans, qui avait disparu en 1998, elle aussi près de la gare de PerpignanUne troisième jeune fille, lycéenne de 17 ans, avait disparu dans le quartier de la gare en septembre 1995, et n'a jamais été retrouvée. Toutefois, le procureur de la République de Perpignan estimait en octobre qu'il était "trop tôt pour se prononcer" sur ces deux cas.

Une "victime oubliée" reconnaît son visage

Le Parisien (article abonnés) révèle, lundi 9 mars, que la médiatisation de la mise en examen de l'homme, âgé de 54 ans, a permis à une "victime oubliée" de se faire connaître auprès des enquêteurs. En découvrant le visage du suspect, Vanessa* a reconnu celui qui l'a agressée en mai 1998, à proximité de la gare de Perpignan. 

Agée de 36 ans aujourd'hui, elle témoigne : "Il essayait de me draguer en me demandant mon nom et mon prénom. Il m'a dit qu'il habitait dans le même immeuble que celui de ma mère." Vanessa raconte alors qu'ils se sont retrouvés sous le porche de l'immeuble. "Au lieu de sortir sa clé, il a brandi un couteau, qu'il tenait dans sa main gauche, et que j'ai à peine eu le temps de voir. Il m'a poignardée une première fois en bas du ventre. Mais je n'ai pas pu aller très loin, car il m'a porté un deuxième coup de couteau très vite, que je n'ai pas ressenti sur l'instant. J'étais éventrée."

La tentative de meurtre est prescrite

"Je suis tombée sur le ventre, mais j'ai eu le réflexe de me retourner. Là, il m'a enjambée pour m'égorger. J'ai alors mis ma main sur la lame de son couteau pour l'empêcher de me porter un autre coup", poursuit la jeune femme. Elle réussira finalement à appeler au secours, alertant ainsi des voisins et entraînant la fuite de son agresseur. Hospitalisée durant trois semaines, Vanessa porte, encore aujourd'hui, les stigmates de son agression : "Je garde une cicatrice qui va du bas du nombril jusqu'en bas de la poitrine."

En octobre 2014, après la mise en examen du suspect, elle écrit aux enquêteurs. Sans succès. Puis, elle leur envoie "le rapport qui avait été établi au moment" des faits. Ils la recontactent rapidement cette fois. "Un enquêteur m'a alors confié que, à l'époque, Jacques Rançon habitait la même rue que celle de ma mère et qu'il était très certainement mon agresseur", explique-t-elle au Parisien. Une source policière a confirmé à France 3 Languedoc-Roussillon qu'une femme de 36 ans avait été entendue par un juge d'instruction de Perpignan dans cette affaire, vendredi 6 mars. Si cette tentative de meurtre est aujourd'hui prescrite, Vanessa se réjouit de la mise en examen du suspect. "Savoir qu'il a finalement été arrêté, ça a été un gros soulagement."

 

*Le prénom a été modifié. 

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