Deux rappeurs condamnés pour "apologie de crime" et "injure publique"

(Deux rappeurs amateurs condamnés pour "apologie de crime" et "injures publiques" © MaxPPP)

Le tribunal correctionnel d'Angoulême a condamné mercredi deux rappeurs amateurs à 500 euros d'amende avec sursis et un stage de citoyenneté pour "apologie de crime" et "injure publique" envers la police.

Sous les pseudonymes de Poposte et Rémy, les deux rappeurs, originaires de Charente, avaient publié sur internet début 2015 deux vidéos. Dans l'une d'elles, ils chantaient avoir "toujours le sourire quand un flic crève ", qualifiant les policiers de "porcs ".

 

Dans la seconde chanson, ils demandaient à voir la tête de Marine Le Pen "découpée, rangée dans un sac ".

 

Des vidéos mises en ligne juste après les attentats contre Charlie Hebdo. Vivement critiqués, ils avaient retiré leurs clips de la plateforme YouTube mais le procureur de la République d'Angoulême avait diligenté une enquête.

 

500 euros d’amendes avec sursis et un stage de citoyenneté 

 

Les deux jeunes rappeurs amateurs, âgés de 25 et 19 ans, ont été condamnés à 500 euros d'amende avec sursis et un stage de citoyenneté pour "apologie de crime" et "injure publique" envers la police.

 

Ils ont été, en revanche, relaxés pour les faits de "provocation de crime" non suivie d'effets à l'encontre de Marine Le Pen, également visée dans les paroles d'une de leurs chansons. La présidente du Front national s'était constituée partie civile.

 

A l'audience du 6 janvier, le ministère public avait relevé que les propos tenus dans ces chansons étaient "sans humour, sans aucun second degré " et rappelé qu'en France, "on n'a pas le droit d'appeler au crime sous couvert de la liberté d'expression ". Il avait requis trois mois de prison avec sursis, assorti d'un stage de citoyenneté.

 

Les jeunes hommes expriment des regrets

 

Les deux jeunes avaient exprimé leurs regrets. "A force de trop écouter un type de rap, on répète les mêmes choses sans vraiment penser ce que l'on dit ", a déclaré l'un d'eux. "Cela ne reflète pas ce que l'on pense ", a affirmé le second.

 

Leur avocate, Me Adeline Lacoste, avait insisté sur l'absence d'éléments intentionnels, plaidant une "bêtise ". "Ils assument leur condamnation, leur erreur de jeunesse . Ils voulaient juste faire parler d'eux ", a-t-elle conclu. 

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