Déjeuner Fillon - Jouyet : quelles seront leurs défenses ?

(François Fillon et Jean-Pierre Jouyet en 2007 à la réception des ambassadeurs © Maxppp)

François Fillon dément avoir demandé une accélération des procédures judiciaires contre Nicolas Sarkozy à Jean-Pierre Jouyet lors d'un déjeuner le 24 juin 2014 à Paris. Mais qu'a-t-il dit précisément? A la veille de l’audience, France Info s’est procuré les éléments de défense de chaque camp.

Ce jeudi, François Fillon fera citer Jean-Pierre Jouyet et les journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme pour diffamation, devant la 17e chambre correctionnelle du palais de justice. France Info a pu se procurer les éléments de défense des protagonistes du dossier, et l’on peut s’attendre à un procès où tout le monde va se renvoyer la balle.

 

L'ancien Premier ministre dément avoir demandé au secrétaire général de l'Elysée, au cours d'un déjeuner en juin 2014, "d'accélérer les procédures judiciaires contre l'ancien chef de l'Etat". C'est ce qu'avaient révélé les deux journalistes en novembre dernier dans leur livre Sarko s'est tuer  et dans leur quotidien, après une entrevue avec Jean-Pierre Jouyet.

Jouyet ne "savait pas que la conversation était enregistrée"

François Fillon dément depuis le début de l’affaire, dévoilée dans Le Monde le 8 novembre. Il en veut à beaucoup de personnes, dont Antoine Gosset-Grainville son ancien directeur adjoint de cabinet et troisième homme du déjeuner, qui est cité comme témoin. Jean-Pierre Jouyet a quant à lui varié dans ses déclarations : il a d'abord dit n'avoir jamais évoqué avec François Fillon les affaires qui embarrassent Nicolas Sarkozy, avant de dire l'inverse trois jours plus tard.

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Aujourd'hui, la défense du secrétaire général de l'Elysée affirme, et c'est nouveau, qu'il ne "savait pas que la conversation avec les journalistes était enregistrée ". Elle dit aussi "qu'il n'a pas tenu les propos que lui prêtent Gérard Davet et Fabrice Lhomme ". Pourtant, le verbatim de cet enregistrement que nous avons pu consulter est assez clair : Jean-Pierre Jouyet rapporte que François Fillon s'est étonné de la lenteur de la justice, et qu'il a, à plusieurs reprises, dit "il faut taper vite ", sous-entendu avant le retour de Nicolas Sarkozy en politique. L'ancien Premier ministre a d'ores et déjà annoncé sa venue au tribunal, mais il est fort probable que Jean-Pierre Jouyet lui n'y soit pas.