Crash du vol Rio-Paris : les passagers n'étaient pas conscients de la chute de l'avion

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Les familles des victimes du crash du vol AF447 Rio-Paris et leurs avocats ont estimé que le rapport d'expertise judiciaire, présenté aujourd'hui à huis-clos, mettait en lumière les responsabilités d'Airbus et d'Air France dans l'accident. Elles avaient rejeté les conclusions du BEA, la semaine dernière, qui selon elles, mettaient trop en cause les pilotes de l'appareil. Le rapport souligne que les passagers n'ont pas été conscients que l'avion chutait.

Après la déception de la semaine dernière, lors de la publication du rapport d'enquête du BEA, les familles des victimes du crash du vol AF447 se sont montrées plus soulagées. Elles estiment que les conclusions du rapport d'expertise judiciaire, présenté aujourd'hui à huis-clos au Palais de Justice de Paris, confirme ce qu'elles ont toujours avancé : que l'accident est avant tout dû aux défaillances techniques de l'avion et à une formation des pilotes pas suffisamment poussée. Et c'est Airbus et Air France, toutes deux mises en examen pour homicide involontaire, qui sont visées.

 

"Il n'y a pas de torts partagés, il y a une responsabilité qui apparaît de
plus en énorme de l'avionneur, c'est-à-dire Airbus, et également d'Air France
", déclare Me Alain Jakubowicz, avocat de l'association Entraide et solidarité AF447. "Les quelques points qui pourraient incriminer l'équipage sont la conséquence de cela et non pas la cause ", ajoute-t-il.

"Déficit d'information" aux pilotes

Le contenu de ce document de 356 pages avait largement "fuité" la semaine dernière, au moment de publication du document du BEA. Le rapport d'expertise judiciaire note ainsi un "déficit d'information aux équipages " sur le givrage des sondes indiquant la vitesse de l'appareil qui aurait été "contributif de l'effet de surprise ". Selon le document, les procédures d'urgence sont inadaptées et/ou inadéquates, notamment la procédure "IAS douteuse", qui s'est révélée en décalage par rapport aux symptômes perçus et la procédure en cas d'alarme de décrochage, inadaptée à l'urgence de la situation.

La formation des pilotes est également mise en cause. Notamment celles du copilote lorsqu'il est amené à suppléer le commandant de bord. Le texte déplore aussi un suivi insuffisant des incidents techniques depuis 2004, surtout ceux qui se rapportent à des pertes d'indications de vitesses. Et sur ce dernier point, c'est l'Agence européenne de sécurité aérienne (AESA) qui est désignée. Les familles lui reprochent son silence et son refus de répondre à toutes les questions des juges français.

Pas de scènes de panique

Mais les actions de l'équipage sont aussi mises en cause. Ainsi le commandant n'aurait-il "pas assumé ses responsabilités managériales " et n'aurait "pas eu de réaction appropriée à l'alarme " de décrochage.

Autre point du rapport qui était attendu des familles : il semble que les passagers n'aient pas eu conscience du drame qui était en train de se nouer au dessus de l'Atlantique ce 1er juin 2009. "Il n'y a pas eu de scènes de panique ", note Me Jakubovicz.

 

 

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