Conflit d'intérêts : le cas du professeur Aubier transmis à la Justice

(Le professeur Michel Aubier au cours d'une conférence à Barcelone en 2013 © capture d'écran Youtube)

Pour la première fois, le Sénat a décidé de transmettre au parquet une affaire de faux témoignage sous serment devant une commission d'enquête. Il s'agit du dossier du pneumologue Michel Aubier, accusé d'avoir menti sous serment en niant tout lien avec l'industrie pétrolière alors qu'il était payé par le groupe Total.

L'affaire remonte au 16 avril 2015. Devant  la commission d'enquête sur le coût de la pollution atmosphérique, après avoir juré de "dire toute la vérité, rien que la vérité", en levant la main droite, le pneumologue Michel Aubier avait été catégorique : "Je n'ai aucun lien d'intérêt avec les acteurs économiques."  Ancien chef de service à l'hôpital Bichat à Paris, il était interrogé sur le coût économique et financier de la pollution de l'air. Mais un mois plus tard, devant la même commission réunie à huis clos, après des révélations de Libération et du Canard enchaîné, il avait admis qu'il touchait de 50.000 à 60.000 euros par an du groupe pétrolier Total depuis la fin des années 1990. 

Ce matin, le bureau du Sénat a donc demandé au président du Sénat, "conformément à l’article 6 de l’ordonnance du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires", de saisir le parquet, "en application de l’article 40 du code procédure pénale. Il appartiendra au procureur de la République d’apprécier l’opportunité d’engager des poursuites".

Michel Aubier risque jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.

 

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