Cinq ans de prison requis contre l'escroc Philippe Berre

Philippe Berre, dont les yeux sont cachés par son avocat, arrive au tribunal correctionnel de La Rochelle (Charente-Maritimes), le 5 avril 2012.
Philippe Berre, dont les yeux sont cachés par son avocat, arrive au tribunal correctionnel de La Rochelle (Charente-Maritimes), le 5 avril 2012. (XAVIER LEOTY / AFP)

Il a comparu jeudi devant le tribunal correctionnel de La Rochelle, pour s'être présenté faussement comme un fonctionnaire venu à la rescousse de sinistrés de la tempête Xynthia.

"Derrière cette apparence d'escroc au grand coeur", Philippe Berre "n'a rien d'altruiste" et est, au contraire, "un escroc ordinaire", a dit la procureure de la République de La Rochelle, jeudi 5 avril. Elle a requis une peine de cinq ans d'emprisonnement à l'encontre de cet homme qui s'était fait passer pour un fonctionnaire du ministère de l'Agriculture auprès de sinistrés de la tempête Xynthia. Il avait réquisitionné du matériel pour près de 64 500 euros pendant son passage de quatre jours à Charron (Charente-Maritimes). 

Jeudi, devant le tribunal correctionnel de La Rochelle, Philippe Berre a minimisé ses escroqueries et assuré sans vraiment se livrer qu'il voulait juste "aider". "Mon objectif était d'aider les gens, le maire ne savait pas où donner de la tête car il avait sans arrêt des visites officielles", a poursuivi impassible le prévenu. Philippe Berre a déjà été condamné à un total de 34 ans d'emprisonnement pour des faits similaires, dans d'autres affaires. Son avocat, Me Vincent Vanraët, a plaidé la relaxe et souligné qu'il ne s'était "jamais enrichi", se substituant simplement à l'Etat après la tempête.

Pour l'accusation, Philippe Berre, a cependant et surtout profité "de circonstances particulières (...) afin de satisfaire son intérêt", et "profité de personnes en situation de désolation".

Auteur de plusieurs arnaques

Philippe Berre s'est fait connaître du grand public en 2009, lors de la sortie du film de Xavier Giannoli, A l'origine. Ce long-métrage raconte comment, à la fin des années 90, il a relancé un chantier d'autoroute abandonné dans la Sarthe, une autre escroquerie. Au fil de ses arnaques, l'homme âgé de 57 ans, a souvent changé de nom, se présentant comme M. Lebrun ou M. Leberret notamment.

Un seul rapport psychologique aura été lu pendant cette audience d'une journée. Un expert psychiatre qui l'avait examiné durant sa garde à vue, a évoqué la piste de "troubles bipolaires de l'humeur".

Philippe Berre, homme à la large carrure et à la barbe blanche, a peu approfondi quant à ses motivations. Il a seulement évoqué son divorce à 29 ans, une rupture après laquelle ont commencé de "petits larçins pour avoir de l'argent". Il sera fixé sur son sort le 28 juin, date à laquelle le tribunal rendra son jugement.

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