Cimetière juif profané : les cinq mineurs mis en examen

(Conférence de presse du procureur de Saverne et du Général de gendarmerie Thierry Thomas suite aux profanations perpétrées dans le cimetière israélite de Sarre Union © Maxppp)

Le procureur de Saverne a demandé mercredi la mise en examen des cinq adolescents interpellés lundi après la profanation du cimetière juif de Sarre-Union dans le Bas-Rhin, estimant que le "mobile antisémite" apparaissait "clairement" dans cette affaire. Le juge a suivi cette demande et a mis en examen les cinq jeunes.

Après la profanation du cimetière juif de Sarre-Union, dans le Bas-Rhin, le parquet avait requis la mise en examen des cinq adolescents interpellés après les faits, estimant que le "mobile antisémite " apparaissait "clairement ". Tous ont reconnu les faits. Dans la soirée, les cinq adolescents ont été mis en examen et soumis à un contrôle judiciaire qui leur interdit notamment de paraître à Sarre-Union et placés, pour quatre d'entre eux, en centre éducatif, le cinquième étant confié à un tiers digne de confiance, selon un communiqué du procureur.

 

"Heil Hitler", "sale Juif", "sale race"

"Malgré les dénégations des intéressés, la connotation et le mobile antisémite de leur comportement apparaissent clairement. Les adolescents décrivent des gestes ou des paroles révélateurs : des saluts nazis, des crachats sur des symboles comme l’étoile de David, des paroles telles que "Heil Hitler", "sale Juif", "sale race" ", a expliqué lors d’une conférence de presse le procureur de la République de Saverne, Philippe Vannier.

> Ecoutez le procureur Philippe Vannier :

"La connotation et le mobile antisémites apparaissent clairement" Procureur Vannier
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Le magistrat, qui a ouvert une information judiciaire de ces chefs, a également requis leur placement en centre éducatif, fermé pour deux d'entre eux.

Jusqu'à sept ans de prison sauf excuse de minorité

Ils encourent jusqu'à sept ans de prison, moitié moins si l'excuse de minorité est retenue. Quelque 250 tombes ont été saccagées jeudi dernier par renversement de stèles, arrachages de colonnes, ouvertures de caveaux tandis qu'un monument en mémoire des victimes de la Shoah était détérioré.

Frénésie collective

Un lycéen s'était dénoncé à la gendarmerie, lundi dernier, et avait mis en cause quatre de ses camarades, au vu de l'émotion suscitée par la découverte de la profanation dimanche. "Il semble, du recoupement de leurs déclarations, qu'un premier acte de dégradation ait eu lieu et que ce premier ait déclenché une sorte de frénésie collective chez ces jeunes qui les aurait conduit au saccage de sépultures ", a indiqué le procureur.

Cinq jeunes de 15 à 17 ans

Selon le parquet, les cinq jeunes, qui sont âgés de 15 à 17 ans et originaires de la région, niaient, dans leurs premières auditions, avoir agi par antisémitisme. Le président de la République, François Hollande, s'est recueilli mardi sur les lieux en compagnie des représentants du culte israélite en France et dans le Bas-Rhin. Le chef de l'Etat s'est refusé à banaliser un événement dans lequel il a dit voir "l'expression des maux qui rongent notre République ".

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