Ce que l'on sait du blanchiment de l'argent de la drogue

Plus d\'un million d\'euros en espèces ont été saisis dans le cadre de l\'enquête.
Plus d'un million d'euros en espèces ont été saisis dans le cadre de l'enquête. ( FRANCE 2)

Après l'énorme coup de filet dans les milieux du cannabis vendredi et la mise en examen de 17 personnes ce week-end, mêlant trafiquants de drogue présumés et notables, FTVi fait le point sur ce réseau hors du commun.

Ce sont 40 millions d'euros issus du trafic de drogue qui auraient été blanchis en sept mois. Vendredi 12 octobre, un coup de filet dans les milieux du cannabis a permis de saisir entre autres 1,3 million d’euros en petites coupures, une cinquantaine de montres de luxe, des lingots d’or (valant chacun 42 000 euros), et des œuvres d’art de plus d’un million d’euros chacune. Le week-end qui a suivi, 17 personnes au total ont été mise en examen pour blanchiment en bande organisée, association de malfaiteurs ou trafic de stupéfiants. Mais, fait rare, le réseau mêlerait trafiquants de drogue présumés et notables. FTVi fait le point sur ce système hors du commun.

Qui sont les trafiquants présumés ?

L'Office central de répression du trafic de stupéfiants, qui mène l'enquête depuis février, pointe la responsabilité du clan El-Maleh, selon le Journal du dimanche. Cette fratrie d'origine marocaine vivrait entre Paris et Genève. 

Le Parisien évoque lui "des Français d’origine marocaine et algérienne ayant vécu en région parisienne avant de repartir au pays. Ils sont âgés de 35 à 40 ans et sont à la tête de fortunes colossales."

Sans les nommer, le commissaire François Thierry, de l'Office central de répression du trafic de stupéfiants, décrit des "voyous qui vivent comme des hommes d'affaires", dans une interview à France 2. "Ils ont un train de vie important, des investissements, ils peuvent acheter de l'art, des montres de collection." 

Au Maroc, le trafic

Le cannabis part du Maroc par vedettes rapides pour transiter par l'Espagne avant d'atteindre Paris par go-fast, ces voyages en grosses cylindrées remplies de drogue. Le cannabis est finalement écoulé en banlieue dans le secteur de Mantes-la-Jolie et Garges-les-Gonèsses, selon Le Parisien.

C'est à Marrakech et Casablanca qui résiderait la vraie tête du réseau, selon le Journal du Dimanche.

A Paris, l'argent liquide du sac plastique au sac Hermès

Selon le JDD, Mardoché El-Maleh, trentenaire, serait le membre de la fratrie responsable des mouvement d'argent en France. Il arrive des points de vente en banlieue et prend rendez-vous dans les hôtels de luxe de la capitale comme dans les cafés bobos de l'Est parisien pour des rencontres qui "durent rarement plus d'une minute, le temps de glisser un sac de supermarché dans un attaché case ou un sac Hermès", raconte le journal.

Bref, l'argent de la drogue aurait directement était versé à des notables. C'est la spécificité de ce trafic. Le cash ne quitte pas le territoire. Ceux qui touchent le liquide croient percevoir l'argent qu'ils ont débloqué de leur compte suisse et veulent faire rentrer en France sans faire un voyage douteux. Ils ne savent pas qu'ils blanchissent en realité l'argent du trafic de drogue.

Qui sont les notables ? Ils seraient une trentaine, et sept d'entre eux auraient été interpellés. A part Florence Lamblin, élue Europe Ecologie-Les Verts et architecte-urbaniste, peu d'identités ont été révélées. La presse parle aussi d'un avocat de la rue Montaigne, un dentiste, un marchand d'art, un ingénieur du son, un entrepreneur dans le textile et un entrepreneur spécialisé dans l'immobilier corse.

Nicolas Bertrand, Stéphanie Perez et Claire-Marie Denis - France 2

A Genève, une lessiveuse et des réinvestissements

A Genève, le frère cadet des El-Melah, Nessim, a travaillé pour la HSBC et monté GPF S.A. C'est cette société, présidée par Meyer El-Maleh, 48 ans, qui était chargée du blanchiment de l'argent. Elle touche l'argent  des exilés fiscaux en proposant des fausses facture, et garde un pourcentage de 8%.

Puis la société transfère les sommes dans plusieurs sociétés écrans. Enfin l'argent est réinvesti dans des biens immobiliers au Maroc et en Espagne. Mais pour passer inaperçus en France, "les trois-quarts des marques extérieures de niveau de vie sont à l'extérieur" du pays, confirme le commissaire François Thierry.

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