Brétigny-sur-Orge : les familles des victimes rencontrent les juges d'instruction

(Le 12 juillet 2013, 7 personnes ont perdu la vie dans la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge © REUTERS Gonzalo Fuentes)

C'est la première fois que les rescapés et les familles des victimes de l'accident de Brétigny-sur-Orge rencontrent les juges d'instruction. Ils ont rendez-vous au palais de justice de Paris avec les trois magistrats chargés de l'enquête.

Trois ans qu'elles attendaient ce rendez-vous. Malgré leurs multiples demandes, jamais les victimes de l'accident de Brétigny-sur-Orge n'avaient rencontré les magistrats pour faire le point sur cette vaste enquête. Elles ont appris dans la presse les rebondissements de l'affaire. Pour les victimes, ce rendez-vous est donc crucial.

Géraldine Hallot a rencontré Thierry Gomes, qui a perdu sa mère et son beau-père le 12 juillet 2013. Ils attendaient le RER pour rendre visite à leurs petits-enfants. Ils ont été fauchés par le Paris-Limoges. Trois ans plus tard, Thierry Gomes, devenu président de l'association d'Entraide aux Victimes attend beaucoup de cette première rencontre avec les juges d'instruction. "Il était temps, c'est anormal que la justice ne s'adresse pas aux victimes et si elle le fait, c'est vraiment à notre demande."

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Ce qui préoccupe surtout Thierry Gomes, c'est l'attitude de la SNCF depuis le début de l'enquête. L'entreprise aurait briefé ses salariés avant leurs auditions devant les juges. "On a toujours soupçonné la SNCF de cacher quelque chose et ces révélations dans la presse en sont le témoignage. Les victimes sont en colère et attendent beaucoup de cette audience, pour avoir des infos supplémentaires."

Jusque-là, la procédure reste très obscure 

Les victimes veulent aussi y voir plus clair, dans cette procédure de 20.000 pages souvent très technique, voire obscure. Gérard Chemla est l'un de leurs avocats : "Est ce qu'il s'agit bien d'une dégradation lente et inéluctable du réseau, due à des problèmes de maintenance ? Est-ce c'est quelque chose de plus grave ? On veut savoir si aujourd'hui les choses ont changé ."

Pour l'instant dans cette affaire, seuls la SNCF et Réseau Ferré de France ont été mis en examen en tant que personne morale.

La catastrophe avait fait une victime creusoise, Régine Jannot, 66 ans. Ce lundi, son mari ira rencontrer les juges. Une nouvelle étape dans son deuil. 

Maxime Tellier a rencontré le mari d'une victime de la catastrophe de Brétigny
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