AZF:l'ex PDG de Total décline toute responsabilité

L\'usine AZF
L'usine AZF (© France)

Thierry Desmarest a assuré mercredi n'avoir eu aucune décision à prendre concernant l'usine et n'y n'être jamais allé

Thierry Desmarest a assuré mercredi n'avoir eu aucune décision à prendre concernant l'usine et n'y n'être jamais alléThierry Desmarest a assuré mercredi n'avoir eu aucune décision à prendre concernant l'usine et n'y n'être jamais allé

PDG du groupe Total en 2001, au moment de l'explosion de l'usine AZF, propriété de sa filiale Grande Paroisse, M. Desmarets comparait en qualité de prévenu.

Au coeur des débats, une seule question : dans quelle mesure le groupe contrôlait les procédures de sécurité de sa filiale ?

"Je n'y étais jamais allé, je n'ai eu aucune décision à prendre concernant Grande Paroisse et l'usine AZF de Toulouse après février 2000, date de l'autorisation des autorités de la concurrence (de prise de contrôle d'Elf), je n'aurais pas été capable de localiser toutes les usines", a déclaré M. Desmarets lors de son audition devant le tribunal correctionnel de Toulouse.

L'ancien patron de Total jusqu'en 2007 et depuis, président de son conseil d'administration, a réaffirmé sa "compassion vis-à-vis de toutes les victimes (31 morts et des milliers de blessés) et sa "solidarité à toute l'équipe d'AZF, car les débats ont montré qu'on ne pouvait pas parler d'usine poubelle" a-t-il déclaré. M. Desmarest a également salué le travail de la commission d'enquête interne, mise en cause par de nombreuses parties civiles pour son "absence de communication avec la police".

"J'ai souhaité que Grande Paroisse puisse disposer de tous les concours intérieurs et extérieurs pour se donner les meilleures chances de trouver l'origine de la catastrophe, a-t-il indiqué, en ajoutant : "sur les huit dernières années nous n'avons eu en tête que deux buts, trouver l'origine de l'explosion (...) et apporter une indemnisation satisfaisante aux victimes". Ces dernières sont à l'origine de l'audition de M. Desmarets

Invité de dernière minute

Jusqu'à l'ouverture du procès le 23 février, l'ex-directeur de l'usine, Serge Biechlin, et Grande Paroisse étaient en effet les deux seuls prévenus poursuivis pour homicides involontaires, blessures involontaires, destructions et dégradations involontaires par l'effet d'une explosion ou d'un incendie, et infractions au code du travail.

De nombreuses parties civiles considèrent pourtant que des "négligences" de Total sont à l'origine de la catastrophe et que M. Biechlin et Grande Paroisse étaient des "lampistes sans marge de manoeuvre" face à l'actionnaire Total. Reste qu'il y a peu de chances que de grandes révélations sortent des auditions, M. Desmarest ayant récemment déclaré devant l'assemblée générale des actionnaires de Total: "Nous n'avons pas aujourd'hui d'explication crédible dans aucun domaine" concernant l'explosion.

Le chef de file des avocats de Grande Paroisse, Me Daniel Soulez-Larivière, en donne la traduction juridique en lançant régulièrement: "Il n'y a aucune preuve de rien du tout (...), c'est la relaxe qui s'impose".

Le statut de Total et de M. Desmarest au rang des prévenus est ambigu. Ceux-ci pourraient n'avoir été que des "prévenus virtuels" à l'issue des quatre mois du procès si le tribunal décide, in fine, de déclarer irrecevables leurs citations à comparaître. A l'ouverture du procès, celui-ci n'avait en effet pas tranché la question de la recevabilité d'une vingtaine de citations directes des parties civiles. Il ne le fera qu'à la fin du procès. Un scénario suprenant : "Je viens ici dans un statut un peu difficile à comprendre de prévenu sous condition résolutoire", a d'ailleurs souligné M. Desmarest.

Le tribunal a joint les deux procédures (l'explosion et les citations) formant dès lors "un seul dossier et quatre prévenus", selon le président Thomas Le Monnyer.

Les plaidoiries des représentants des 3.000 parties civiles, puis le réquisitoire et les plaidoiries de la défense s'étaleront sur la deuxième moitié de juin.

Vous êtes à nouveau en ligne