Attentats de Paris : quatre hommes mis en examen et écroués

(Amédy Coulibaly est l'auteur de la tuerie au supermarché casher de la porte de Vincennes © Maxppp)

Les quatre hommes âgés de 22 à 28 ans arrêtés la semaine dernière ont été mis en examen. Ils sont soupçonnés d'avoir apporté une aide logistique à Amédy Coulibaly, auteur des tueries de Montrouge et Vincennes. Trois d'entre eux auraient acheté du matériel pour lui dans des armureries.

Le procureur de la République de Paris, François Molins, a donné une conférence de presse mercredi matin. Il a annoncé que les quatre hommes déférés mardi ont été mis en examen la nuit dernière pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" et aussi "détention d'armes". Il ont été placés en détention provisoire. La justice écarte donc, pour l'instant, leur participation aux attentats, puisqu'ils n'ont pas été mis en examen pour "complicité". Les éléments des enquêteurs sont beaucoup de relevés ADN, d'empreintes, les études de la téléphonie mobile et de la vidéosurveillance.

Il s'agit d'hommes de 22 à 28 ans, arrêtés la semaine dernière, soupçonnés d'avoir apporté de l'aide à Amédy Coulibaly, auteur de l'assassinat d'une policière à Montrouge et de la prise d'otages du supermarché casher de la porte de Vincennes à Paris dans lequel quatre personnes avaient perdu la vie, il y a un peu moins de deux semaines. "Le lien de ces quatre personnes avec Amédy Coulibaly ne fait aucun doute", selon le procureur, trois d'entre eux étaient à ses côtés lorsqu'il a acheté la voiture retrouvée porte de Vincennes.

Gilets tactiques, couteaux, taser et bombes lacrymogènes

Trois de ces hommes ont également acheté du "matériel" pour Amedy Coulibaly dans des armureries. Le procureur précise que ce matériel acheté "correspond en tous points au matériel retrouvé sur Coulibaly après la scène de la porte de Vincennes ou dans son appartement à Gentilly ". Les factures ont été retrouvées au domicile de l'un de ces hommes.

Ces trois hommes "se sont rendus à trois ou quatre reprise fin décembre dans des armureries de Paris et de la petite couronne, afin d'acquérir du matériel pour Amedy Coulibaly, et plus précisement des gilets tactiques, plusieurs couteaux, un taser et des bombes lacrymogènes. Ce matériel aurait été stocké jusqu'au 1er janvier 2015 chez Christophe R. date à laquelle Coulibaly serait venu le chercher ".

18 contacts la veille de l'attaque de Charlie Hebdo

Il y a également les contacts entre l'un de ces quatre hommes et Amedy Coulibaly. Des contacts très fréquents : 360 SMS, 13 appels durant les quatre derniers mois, et même 18 contacts la veille de l'attaque de Charlie Hebdo. On est donc bien sur l'aide à la logistique des attaques. Mais ces hommes étaient-ils au courant des projets terroristes d'Amedy Coulibaly ? Leurs avocats disent qu'ils n'en savaient rien, qu'ils ont agi sous sa contrainte, sa pression. 

Trois de ces quatre hommes sont connus des services de police, pour des faits de droit commun, jamais des faits en lien avec le terrorisme. Un seul de ces hommes a un casier judiciaire vierge. Ils sont tous originaires de l'Essonne. Selon le procureur, ils ont connu Coulibaly dans leur quartier commun, celui de la Grande-Borne à Grigny, près de Paris. Pour l'un d'entre eux aussi car ils se sont connus en détention. Le procureur a aussi évoqué de possibles braquages commis en commun.

Déjà 25 tomes de procédure, 4.000 procès verbaux, 2.000 scellés 

Le procureur ajoute qu'à ce jour, l'enquête a essentiellement progressé sur le volet Amedy Coulibaly, et qu'elle va se poursuivre pour chercher d'éventuels co-auteurs et complices, principalement à l'étranger maintenant, notamment vers la Turquie par où est passée la compagne de Coulibaly, vraisemblablement pour rejoindre la Syrie. Des demandes d'entraide pénales ont été formulées, notamment vers l'Espagne ou la Belgique.

L'enquête va se poursuivre plusieurs mois, voire plusieurs années. Le procureur a indiqué qu'à ce jour il y a déjà 25 tomes de procédure, 4.000 procès verbaux, 2.000 scellés. L'enquête se penche aussi sur la vidéo posthume de Coulibaly bien sûr. Les enquêteurs cherchent notamment à savoir par qui elle a pu être mise en ligne. 

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