Attentats de Paris et de Bruxelles : les dernières avancées de l'enquête

(Mohamed Abrini (G), interpellé vendredi en Belgique, avait été filmé le 11 novembre 2015 par la caméra de vidéo-surveillance d’une station-service du nord de Paris, en compagnie de Salah Abdeslam (D), arrêté lui aussi depuis © WILLIAM ABENHAIM/SIPA)

Le procureur fédéral belge a confirmé vendredi soir l'arrestation de Mohamed Abrini, soupçonné d'être impliqué dans les attentats du 13 novembre. Cet homme de 31 ans était l'individu le plus activement recherché depuis l'arrestation de Salah Abdeslam, présenté à ce jour comme l'unique survivant des attaques du 13 novembre à Paris.

Le point sur les dernières avancées de l'enquête avec Laurent Doulsan du service police/justice de France info. Il répond à Edwige Coupez
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Mohamed Abrini a été interpellé vendredi après-midi avec deux autres personnes sur une place de la commune d'Anderlecht, au sud de Bruxelles. Deux suspects dont l'identité n'a pas été révélée. Ce belgo-marocain a grandi comme d'autres djihadistes présumés à Molenbeek. C'est d'ailleurs un ami d'enfance de Salah Abdeslam.

 

Mohamed Abrini, c'est cet homme que l'on voit sur les images de vidéo-surveillance d'une station-service dans l'Oise en compagnie de Salah Abdeslam. Des images captées le 11 novembre, deux jours avant les attentats. Les deux hommes circulent alors à bord d'une Renault Clio, la même voiture qui a ensuite été utilisée pour acheminer à Paris certains membres des commandos du 11 novembre.

 

Mohamed Abrini est fortement soupçonné d'être allé combattre en Syrie, à l'été 2015. L'un de ses frères est mort là-bas après s'être engagé dans les rangs de l’organisation Etat Islamique.

 

Quel rôle Mohamed Abrini a-t-il joué dans les attentats de Paris ?

 

En dehors de ces images de vidéo-surveillance, des éléments de police scientifique essentiellement permettent de considérer Mohamed Abrini comme un complice d'Abdeslam et des autres. Son ADN ou ses empreintes digitales ont été retrouvés dans la Clio mais aussi dans des planques utilisées par les terroristes, dans la commune bruxelloise de Schaerbeek.

 

On sait aussi que c'est Abrini, avec Abdeslam, qui a loué une chambre d'hôtel à Alfortville. Une chambre qui a servi de base à certains terroristes du 13 novembre. Mais son rôle exact dans les attentats de Paris reste à déterminer. Il s'agit notamment de savoir si Abrini a servi uniquement de chauffeur ou s'il est impliqué à un degré supérieur dans la préparation des attentats.

 

… Et dans ceux des attentats de Bruxelles du 22 mars ?

 

Là encore, c'est l'ADN qui a parlé puisque l'empreinte génétique d'Abrini a été retrouvée dans l'appartement de Schaerbeek d'où sont partis les kamikazes du 22 mars. Une planque transformée en véritable laboratoire, ou était entreposé tout le matériel nécessaire à la fabrication d'explosifs.

 

Depuis hier, on se demande si Mohamed Abrini n'est pas aussi "l'homme au chapeau", l'homme que l'on voit sur les images de vidéo-surveillance de l'aéroport de Bruxelles, en compagnie de deux kamikazes, quelques minutes avant les explosions. Mais à ce stade, le Parquet fédéral belge l'a précisé vendredi soir, il n'y a encore aucune certitude à ce sujet. Les investigations se poursuivent et pourraient connaitre de nouveaux développements dans les heures qui viennent.

 

Deux autres suspects interpellés

 

Une autre arrestation importante a également eu lieu hier à Bruxelles, dans le cadre de l'enquête sur les attentats du 22 mars. Une double interpellation dans un autre quartier de la capitale belge vendredi matin. L'identité de l'un des suspects est encore inconnue mais l'autre s'appelle Osama. Osama K, un individu au profil très inquiétant lui aussi. Il pourrait s'agir de l'homme qui accompagnait le kamikaze qui s'est fait sauter dans le métro de Bruxelles, à la station Maelbeek.

 

A ce stade de l'enquête sur cet épisode du métro, on sait qu'un homme accompagnait ce terroriste. Des images de vidéo-surveillance le montrent notamment, porteur d'un gros sac à dos, en train de discuter avec le kamikaze, peu de temps avant l'explosion.

 

Osama K. est soupçonné lui aussi d'avoir combattu en Syrie. Il serait rentré en Europe sous une fausse identité en se glissant dans les rangs des réfugiés qui sont passés par l'île grecque de Leros ces derniers mois. Cet homme était aussi au contact de Salah Abdeslam, qui était venu le récupérer en Allemagne en octobre dernier.

 

Des avancées majeures dans l’enquête

 

Ces arrestations sont très certainement décisives pour l'enquête sur cette campagne d'attentats. Les enquêteurs belges et français espèrent avoir maintenant démantelé le cœur de la nébuleuse terroriste qui a ensanglanté Paris et Bruxelles.

 

Ils espèrent aussi qu'Abrini et Osama K. seront plus bavards qu'Abdeslam, qui, en attendant son transfert en France, n'est pas très coopératif. Le prochain élément que l'on attend, c'est de savoir si Mohamed Abrini est bien l"homme au chapeau" qui a réussi à s'enfuir de l'aéroport de Bruxelles.