Antonio Ferrara, le "roi de la belle", acquitté en appel pour braquage

Croquis d\'Antonio Ferrara à la barre lors de son procès en appel le 9 mai 2012 pour un braquage à Joinville-le-Pont.
Croquis d'Antonio Ferrara à la barre lors de son procès en appel le 9 mai 2012 pour un braquage à Joinville-le-Pont. (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

Il était jugé à Paris pour le braquage d'un bureau de poste commis en juillet 1999. Mais ce sont surtout ses évasions spectaculaires qui ont marqué les esprits.

Jugé en appel pour le braquage d'un bureau de poste de Joinville-le-Pont (Val-de-Marne), en 1999, Antonio Ferrara a été acquitté mercredi 16 mai par la cour d'assises de Paris. Le 12 mars 2003, il avait écopé en première instance d’une peine de quinze ans de détention. En revanche, son co-accusé, Issa Traoré, condamné en première instance à dix ans de prison, a été de nouveau jugé coupable. Sa peine a toutefois été réduite à huit ans de prison.

Dans l'esprit de tous, Antonio Ferrara, c'est avant tout "le roi de la belle". Sa première évasion a lieu en juillet 1998. Mis en examen pour braquage et tentative de meurtre, le jeune caïd de 25 ans alors est incarcéré à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, dans l'Essonne. Il est notamment soupçonné d’avoir voulu tuer Fabrice Coly, un "copain" qui aurait tenu à son égard des propos "insultants", en novembre 1996 dans un hôtel de Créteil. Coly, qui a survécu à ses blessures, l'a identifié comme l'un de ses deux agresseurs. 

A 25 ans, il commet sa première évasion

C'est une consultation médicale à l'hôpital de Corbeil-Essonnes qui donne à Ferrara l'occasion de s'échapper. Trois hommes armés font irruption dans la salle d'attente et maîtrisent les quatre surveillants en charge du détenu (voir le reportage de France 2 de l'époque sur le site de l'INA).

En cavale, Antonio Ferrara ne se tient pas à carreaux pour autant. Le 28 juillet 1999 au petit matin, deux hommes armés et cagoulés font irruption dans un bureau de poste à Joinville-le-Pont, obligeant la vingtaine d'employés présents à s'allonger à terre. Il s'emparent de 40 000 francs (environ 6 000 euros) avant de s'attaquer à l'explosif à un deuxième coffre.

"A l’époque, [Antonio Ferrara] était sollicité par des équipes de braqueurs chevronnés pour sa maîtrise des explosifs, notamment lors d’attaques de fourgons blindés. Mais lui s’en est toujours défendu", a raconté devant le tribunal un policier ayant enquêté sur lui.

Photo non datée d\'Antonio Ferrara.
Photo non datée d'Antonio Ferrara. (POLICE JUDICIAIRE / AFP)

Quatre ans de cavale

Les deux hommes parviennent à s'enfuir au prix d'une folle course, ponctuée d'échanges de coups de feu avec les policiers qui les poursuivent. Non sans garder le sens du spectacle : parvenus à Choisy-le-Roi grâce au véhicule d'un automobiliste pris en otage, ils embrassent celui-ci sur le front avant de se faire la malle. L'épisode est raconté par les journalistes Brendan Kemmet et Matthieu Suc dans Antonio Ferrara : le Roi de la belle (Editions du Cherche-Midi).

Antonio Ferrara est finalement rattrapé en juillet 2002, après quatre ans de cavale. Mais il ne reste pas longtemps derrière les barreaux. Le 12 mars 2003, il réussit sa seconde évasion, la plus spectaculaire.

La prison de Fresnes attaquée à l'explosif

Au petit matin, une dizaine d'hommes en uniformes de policiers, armés de fusils d'assaut et d'explosifs, lancent l'attaque sur la prison de Fresnes. Parmi eux, des bandits corses chevronnés dont Dominique Battini, un proche du gang de la Brise de mer (voir notamment le récit publié par L'Express en 2004). En dix minutes, Ferrara est dehors. Il prend la fuite. Il sera rattrapé quatre mois plus tard dans un bar du 12e arrondissement de Paris. Cette fois, pour de bon.

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