Ce que l'on sait de la mystérieuse agression d'une syndicaliste d'Areva

La tour Areva de La Défense, le 18 octobre 2012.
La tour Areva de La Défense, le 18 octobre 2012. (DANIEL THIERRY / PHOTONONSTOP / AFP)

Anne Lauvergeon, l'ex-présidente du géant du nucléaire, a été entendue comme témoin par les gendarmes de la section de recherches de Versailles dans le cadre de l'enquête.

Une syndicaliste d'Areva a été agressée à son domicile, lundi 17 décembre. Pourquoi Anna Lauvergeon, l'ancienne patronne du groupe nucléaire, est entendue à ce sujet, jeudi, en tant que témoin ? Existe-t-il un rapport avec la signature d'un contrat en Chine évoqué par Libération ? Francetv info tente d'y voir plus clair dans cette énigmatique affaire.

Comment s'est déroulée l'agression ?

Maureen Kearney,  secrétaire CFDT du comité de groupe européen d'Areva, a été assaillie lundi matin dans sa maison d’Auffargis (Yvelines) par un inconnu. Selon Libération, l'homme lui a passé une cagoule, l'a baîllonnée et ligotée, en guise "d'avertissement". Elle n'a été libérée que cinq heures plus tard par sa femme de ménage.

Le quotidien, que la direction d'Areva entend poursuivre pour cet article, avance que l'agresseur a "visiblement" attendu le départ du mari de la syndicaliste avant de pénétrer dans le domicile. Un collègue de Maureen Kearney a en outre confié au journal que dans les semaines précédentes, la syndicaliste aurait reçu des appels téléphoniques menaçants.

Où en est l'enquête ? 

La section de recherches de la gendarmerie de Versailles a été chargée de l'enquête. Lundi, des gendarmes se sont rendus à deux reprises dans les locaux de la SGN, une filiale du groupe nucléaire Areva, à Saint-Quentin-en-Yvelines. Maureen Kearney y travaillait avant d'être détachée de son poste pour s’occuper de ses responsabilités syndicales.

Des amis et l'époux de la syndicaliste ont été auditionnés. Des militants CFDT, tels que les représentants au conseil de surveillance d'Areva, ont aussi été interrogés. Et jeudi, Anne Lauvergeon, l'ex-présidente d'Areva, a à son tour été entendue, comme témoin. L'information a été révélée par France Info et confirmée à l'AFP par une source proche du dossier. 

Y a-t-il une piste qui se détache ?

Selon France Info, Maureen Kearney avait des liens avec l'ancienne patronne du géant français du nucléaire et s'intéressait à un accord de coopération nucléaire secret conclu entre EDF, Areva et la Chine. Anne Lauvergeon s'opposait à cet accord, croit savoir la radio. Libération le premier a évoqué cette piste. 

Le 19 octobre, le PDG d’Areva, Luc Oursel, celui d’EDF, Henri Proglio, et leur homologue de l’électricien chinois CGNPC, ont paraphé un accord de coopération sur la conception d’un nouveau réacteur. Un mois plus tard, le 20 novembre, le comité de groupe européen a voté à l’unanimité une résolution demandant à Luc Oursel de lui communiquer le texte. 

"C’est à ce moment-là que les relations entre Maureen Kearney et sa hiérarchie se sont dégradées", avance Libération"Elle avait très peur, elle était épuisée", a raconté un collègue syndicaliste au quotidien.

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